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TUNIS

Avec plus d'un million d'habitants, la capitale tunisienne, héritière de Carthage et a la tête du pays depuis près de dix siècles, est une ville accueillante et chaleureuse. Si ses quartiers modernes s'étalent au-delà de la ville coloniale, c'est toujours aujourd'hui sur l'avenue Bourguiba qu'est concentrée l'activité de la Tunis contemporaine. Les immeubles et la large promenade de l'avenue forment un ensemble de caractère unique, ou il fait bon flâner le soir, lorsque le marché aux fleurs allume ses lumières et que les grands cafés débordent de monde. La médina, située a l'extrémité de l'avenue Bourguiba, est a elle seule une aventure: ses ruelles tortueuses traversent les souks ou les odeurs épicées rivalisent avec celles des petits restaurants installés entre des étals qui croulent sous le poids des cuivres ou des étoffes.

La foule bigarrée s'y presse, s'y bouscule, active et bruyante mais toujours bon enfant. En se frayant un chemin entre les allées couvertes, on finira cependant par arriver dans les quartiers d'habitation, bien paisiblement installés autour de placettes: ici la vie n'a pas changé et, loin de l'agitation, reste marquée par les appels du muezzin de la mosquée voisine, les petits vendeurs qui crient dans les Cours et les enfants qui continuent a jouer dans la rue.

Tunis-Carthage est l'aéroport international de la capitale; il est relie aux grandes villes d'Europe par les vols de Tunis-Air et des compagnies aériennes européennes.

Situé a 9 km du centre-ville, il est desservi par la ligne d'autobus N° 35 et par la compagnie Transtours, qui propose un car plus confortable reliant l'aéroport a la gare. Des taxis stationnent par ailleurs devant l'aéroport; ils sont munis d'un compteur.

Le port de Tunis, La Goulette, est ail km de la capitale: c'est ici qu'accostent les navires de la SNCM qui assurent les passages avec la France et l'Italie.

La gare centrale, place de Barcelone, est située en plein centre ville: les horaires des trains reliant Tunis aux principales villes tunisiennes ne peuvent être obtenus qu'au guichet d'information, dans le hall de la gare.

Tunis a son métro: la banlieue Sud est desservie par la ligne de Radès, qui passe par Ez-Zahhra, Hamman-Lif et Borj Cédria. La banlieue Nord est le domaine du fameux T. a.M., ainsi baptisé en fonction des principales stations qu'il dessert: Tunis, La Goulette, La Marsa.

Le terminus de cette ligne se trouve a l'extrémité de l'avenue Bourguiba, d'ou les trains partent dès 5 h le matin jusqu'a minuit. Le T.G.M. est le meilleur moyen de transport de Tunis car il permet de rejoindre très rapidement les sites touristiques de Carthage, Sidi Bou Said et La Marsa, son terminus.

Plusieurs gares routières assurent les dessertes entre Tunis et les grandes villes. Pour tout renseignement, s'adresser a la Societe Nationale des Transports, 74 avenue de Carthage.

Les louages ont leurs stations eux aussi, mais en dehors de la ville; se renseigner auprès de l'Office du Tourisme pour en connaître les emplacements, qui varient en fonction de la destination.

Il faut au moins consacrer deux jours a la visite de Tunis. Si vous séjournez a Hammamet ou a Nabeul, les agences de voyage vous proposeront toutes une excursion d'une journée complète incluant la visite de Carthage et de Sidi Bou Said: les visites se font au pas de charge en commençant le matin, comme tout le monde, par la visite du musée du Bardo, au milieu de dizaines de groupes écoutant d'un air distrait les commentaires d'un guide pas toujours très motivé...

On ne saurait donc trop recommander de voir Tunis individuellement, au rythme tunisien, sans trop se presser. Cette capitale est une nonchalante, qui se découvre à l'occasion de promenades dans sa vieille ville, d'un dîner a la lumière des lampions a La Goulette, d'un séjour dans un des hôtels-palais de Sidi Bou Said...

Pour ceux qui souhaiteraient séjourner a Tunis, qu'ils sachent qu'on y trouve des chambres pour toutes les bourses. Il est plus agréable de loger a l'extérieur dans les hôtels de Carthage, la Marsa, Gammart ou Sidi Bou Said, que dans le centre-ville, un peu plus étouffant en été. C'est cependant en ville que les vacanciers les moins fortunés trouveront des hôtels a bon marché: ils sont tous regroupés autour de l'avenue Bourguiba, dans les rues de Grèce, de Suisse, de Hollande, de Yougoslavie, etc... Le confort y est simple, mais le petit déjeuner souvent inclus.

Côté restauration, une foule de gargottes accueillent les clients en majorité tunisiens, rue Ibn Khaldoun, a côté de l'hôtel Africa; quelques restaurants de l'avenue Bourguiba et de la médina peuvent également contenter le voyageur. Mais c'est surtout a La Goulette que l'on fera les meilleurs repas: les terrasses des restaurants de La Goulette sont accueillantes et leurs poissons sont merveilleux. L'ambiance familiale des lieux vaut grandement le déplacement.

La vie nocturne à Tunis est plutôt calme. A part quelques cabarets spécialisés dans la danse orientale, ce sont davantage les très grands hôtels qui sont fréquentés: night-clubs et bars y ont la vedette. On pourra en revanche voir de bons films dans les quelques cinémas de l'avenue Bourguiba et des rues avoisinantes. Le théâtre de Tunis, dont la façade 1900 est un petit chef-d'œuvre, donne des représentations en arabe et en français d'octobre à juin.

On commencera la visite de Tunis par une promenade avenue Bourguiba après être allé prendre un café dans un des établissements réputés qui la bordent: le café de Paris ou, juste en face, le café de Tunis. On se dirigera ensuite à pied vers l'ambassade de France, qui borde d'un côté la Place de l'Indépendance, l'autre étant occupé par la Cathédrale.

 

Intimement liée à Carthage, Tunis vécut la prospérité punique jusqu'à ce qu'eUe eut à en souffrir au moment des guerres avec Rome; cette étroite collaboration se terminera pour elle, comme pour sa grande voisine, par une destruction totale. Il faudra attendre qu'Auguste décide de relever Carthage pour que Tunis reprenne quelque importance; elle sera même, un peu plus tard, le siège d'un important évêché de l'Eglise d'Afrique.

L'invasion arabe sera pour Tunis une seconde naissance: elle devient seconde ville de l'Ifriqiya, après Kairouan, avant que le souverain aghlabide Ibrahim II y installe son gouvernement en 894. Malgré la décision de Ziyadet AUah III de réimplanter la capitale à Reqqada, Tunis conserva une position privilégiée et développa son commerce aussi bien sous les Fatimides que sous les Zirides et les Khorassanides, qui en firent un Etat indépendant. Elle allait cependant reprendre son rang de capitale sous les Almohades, en 1160, mais c'est un peu plus tard qu'elle devait briller aux yeux du monde arabe lorsque la dynastie Hafside lui eut donné la possibilité de développer sa richesse intellectuelle et artistique.

De par sa position géographique, Tunis allait devenir dès cette époque une plaque tournante du commerce méditerranéen: c'est ce qui attira les nombreux pirates qui la convoitèrent au XVIe siècle; Barberousse s'en empara en 1534, mais en fut chassé en 1535 par la flotte de Charles Quint qui y installa un protectorat. Le pacha d'Alger la ravira aux Espagnols en 1569, avant qu'elle ne soit reprise par Don Juan d'Autriche. Finalement, les Turcs seront les bénéficiaires de ce chassé-croisé, après avoir vaincu les Espagnols en 1574.

C'est l'installation du protectorat français en 1881 qui fera de Tunis une capitale moderne, la parant des constructions de style colonial que l'on peut encore voir aujourd'hui. Mais c'est surtout depuis l'Indépendance qu'elle a pris un essor extraordinaire, avec des banlieues tentaculaires qui abritent une population venue des quatre coins de la Tunisie.

La Médina

L'avenue de France vous conduira vers la Porte de France, qui marque l'entrée à la médina. C'est le matin que l'animation est à son comble dans les souks qui s'étendent de l'autre côté de la place de la Victoire. Evitez de vous y rendre un vendredi, qui est jour de fermeture.

L'ambassade britannique, qui occupe une grande maison sur la place, rappelle qu'à l'époque coloniale, le quartier européen était établi ici. On s'infiltrera dans la rue lama Ez Zitouna qui prend sur la gauche, afin de se perdre un peu dans le dédale des souks. En continuant la rue bordée d'échoppes, vous arriverez bientôt à la Grande Mosquée après avoir dépassé la Bibliothèque Nationale. Au cours de votre promenade, vous serez sans cesse sollicité par les vendeurs; certains vont même jusqu'à vous proposer de vous mener à une « fête bédouine» pour finalement vous attirer dans le magasin de tapis de leur cousin!... Alors méfiance!

La Grande Mosquée: c'est la mosquée de l'Olivier, ezZitouna, le sanctuaire le plus grandiose de la Tunis musulmane.

On peut visiter la mosquée le matin seulement de 8 h à Il h, et une tenue correcte est exigée; les femmes devront se couvrir les épaules et ne pas porter de jupes trop courtes. Fondée en 732 par le gouverneur omeyyade elle fut ensuite complètement reconstruite par les Aghlabides; au cours des siècles qui suivirent, son architecture fut sans cesse remaniée, surtout sous l'occupation ottomane au cours de laquelle une double galerie fut ajoutée et les plafonds refaits.

Les non-musulmans sont simplement invités à passer dans la galerie surélevée; ils ne pourront accéder à la salle de prière, large et composée de quinze nefs, éclairée de lustres en verre de Venise.

Quant à la grande cour, elle est entourée de colonnes à chapiteaux antiques.

En ressortant de la mosquée, on se dirigera vers la gauche pour rejoindre le dédale des souks : ceux-ci commencent véritablement ici car les quelques boutiques rencontrées depuis l'entrée de la médina n'en étaient qu'un avant-goût. Bien souvent les Occidentaux ont la crainte de se perdre et hésitent à s'engager profondément dans le «labyrinthe» des galeries. Rassurez-vous: on ne se perd jamais dans les souks, et encore moins dans ceux de Tunis ou la population francophone et accueillante saura toujours vous mettre sur le droit chemin; on ne risque absolument aucune «entourloupe» dans les sombres ruelles, même s'il vous semble parfois vous trouver en face de la caverne d'Ali Baba.

Refusez donc d'emblée tous les pseudo guides qui tentent de vous effrayer en s'imposant comme chefs d'expédition car vous vous sentirez vite à l'aise dans le monde de ce marché couvert dès que vous y aurez fait vos premiers pas. Méfiez-vous quand même des pickpockets qui, ici, comme ailleurs, profitent de la foule pour opérer.

Le premier souk que vous allez rencontrer est le souk el Attarine, ou souk des Parfumeurs, construit par le premier souverain Hafside (1125-1249); il est authentique, avec ses étals de plantes aromatiques et ses petites boutiques remplies de flacons odorants.

La promenade continue en passant devant une large porte qui appartient à la Grande Mosquée, puis vous entraîne au souk des Etoffes, sur la gauche: l'atmosphère ici est sereine, étouffée par les tentures et mètres de tissu proposés. Le souk des Femmes prolonge les étals de draps en offrant à ses clientes des vêtements de toute sorte. Le souk de la Laine qui prend à gauche mérite un petit détour afin d'aller jeter un coup d'œil à la porte de l'Imam qui permet d'accéder à la Grande Mosquée. Cette porte a pour caractéristique d'être construite avec des éléments d'époque romaine.

Parallèle, le souk du Coton que l'on suit à droite du souk des Femmes mène au souk el Kouafi, qui conduit lui-même au souk des Orfèvres: les dames se délecteront sans aucun doute devant les devantures des échoppes ou brillent chaînes et pendentifs en or, perles et corail travaillé, lourdes parures et bracelets de mariée: attention, si vous êtes acheteuse, de bien vous assurer du montant en carats de l'or convoité, car ici, en Tunisie, l'or '.t souvent de 14, voire de 12 carats, Après avoir erré quelques temps entre tous ces mirages dorés,reprendra le souk el Kouafi, puis on tournera à gauche dans , le souk des Selliers, le souk Sekkajine, édifié au XVII siècle.

Comme son nom l'indique, ce marché est consacré à la vente des produits de peau: sacs, ceintures, etc...

Si on prend à gauche la rue Ben Mahmoud, on arrive alors au musée Sidi Bou Khrissan. Si celui-ci est ouvert, ce qui n'est pas toujours le cas, vous pénétrerez dans un jardin consacré à une collection d'art funéraire musulman. Les stèles qui y sont exposées datent de la fin du IX siècle à nos jours.

On descendra ensuite vers la place du château: le Dar HusJein au fond de la place, abrite l'Institut National d'Archéologie qui ne se visite pas; mais on jettera cependant un coup d'œil à la belle façade de ce palais arabe du XVIII siècle. Par la rue du château, en partie voûtée, on rejoindra le boulevard Bab Menara après être passé devant la mosquée El Ksar au minaret de style hispano-mauresque.

La place de la Kasba est occupée dans un angle par la mosquée de la Kasba; dans le prolongement de l'esplanade à gauche, la place du Gouvernement s'ouvre à nouveau vers la médina. Le Dar el Bey, sur le côté droit, est un ancien palais reconstruit au début du siècle dernier; il est désormais le siège du ministère des Affaires étrangères.

Après avoir marché le long de la rue de la Kasba, on arrive à son intersection avec la rue Sidi Ben Arous. La mosquée de Hammoiida Pacba se dresse à l'angle droit et son minaret fait preuve d'élégance. On continuera la rue Sidi Ben Arous après la mosquée et on dépassera le mausolee de Hammoiida Pacba.

En face de celui-ci le souk ecb Chaouacbiya est réputé pour la qualité des chéchias qui y sont vendues.

En tournant à gauche à la sortie de ce petit souk, on reviendra au souk el Bey qu'il faut continuer à gauche jusqu'à la mosquée Sidi Youssef: parmi les marchands de tissu, cette mosquée est dominée par un minaret octogonal.

De là on gagnera le souk el Trouk, qui est le souk des Tailleurs mais ou l'on vend un peu de tout: vêtements bien sur, sous forme d'amples jellabas, mais aussi tapis et meubles.

Du souk el Trouk, on s'engagera à nouveau dans le souk el Attarine, puis on tournera à gauche dans la rue des Tamis afin de reprendre la rue de la Kasba. En longeant celle-ci, on trouvera sur sa gauche le souk du Cuivre ou les artisans travaillent encore, mais ou on vend surtout beaucoup de souvenirs touristiques. A gauche, le souk el Grana est un des plus populaires et l'animation y règne toute la journée. Il est parfois difficile de s'y frayer un chemin tant la foule est compacte mais pour les amateurs de contact humain, ce détour vaut la peine d'être fait: ici, on vend surtout des textiles dans une profusion de couleurs; en descendant vers la rue de l'Agha, le souk devient plus alimentaire et on trouve aux étals les sucreries et les épices.

La partie nord de la médina qui commence ici est beaucoup plus calme, car consacrée aux quartiers d'habitation. La rue de l'Agha, sur votre gauche, vous mènera à la rue du Pacha que l'on empruntera à droite. Au n° 40, la médersa Bachiya, construite en 1756, a conservé une belle façade; mais tout au long de votre promenade, vous remarquerez les anciennes demeures de caractère. C'est dans cette rue que le Pacha, représentant l'autorité de la Sublime Porte, avait installée son palais.

On bifurquera à droite dans la rue de la Noria, puis à gauche dans la rue du Tribunal ou se dresse le Dar Lasram, qui sert actuellement de siège à l'association pour la sauvegarde de la médina.

Arrivé à la rue Sidi Brahim, on se rendra au n° 11 afin d'y visiter la zaouia de Sidi Brahim, récente mais dont les stucs finement ciselés rehaussent une délicate décoration intérieure.

De là, on empruntera la rue El Mestiri jusqu'au Dar el Mestiri, une superbe construction du XVIIIe siècle; chemin faisant, on admirera les belles portes que possèdent encore la plupart des maisons de ce quartier.

En prenant à gauche la rue qui en porte le nom, on passera devant la mosquée Sidi Mehrez: elle fut construite par le bey Mohammed vers 1675, dans le style propre aux Ottomans: ses coupoles ont de quoi surprendre en pays maghrébin. En face de la mosquée, le tombeau de Sidi Mehrez est un lieu de vénération populaire.

Pour revenir vers la partie centrale de la médina, on rebroussera chemin rue Sidi Mehrez, après avoir partagé un peu de l'animation qui règne place Bab Souika. Apres avoir suivi la rue Sidi Mehrez, on continuera tout droit afin de retrouver le souk el Grana, puis la rue de la Kasba qui vous ramènera à la place de la Victoire.

Lorsqu'on a visité les quartiers authentiques du nord, l'animation touristique du sud de la vieille ville peut paraître bien décevante. Les amoureux de choses vraies auront donc intérêt à consacrer davantage de temps à ces souks populaires ou la pacotille voisine avec la batterie de cuisine... C'est là la véritable animation commerciale de Tunis.

S'il faut compter trois heures pour réaliser cette promenade, la visite des quartiers sud, moins animés ne réclamera qu'une heure supplémentaire. Seuls les passionnés s'y engageront, à pied depuis la place de la Victoire s'il leur reste quelque force après les bousculades et la foule. En revanche, le musée du Dar Ben Abdallah intéressera tout le monde par ses collections ethnologiques.

On prendra donc un taxi jusqu'à la place Bab AI Jazira, et on s'engagera dans la rue des Teinturiers à pied. Sur la gauche, le souk du même nom abrite encore une corporation d'artisans qui continuent à teindre la laine d'une façon rudimentaire; les écheveaux teints serviront ensuite à la fabrication de tapis aux couleurs vives. Après avoir dépassé la mosquée des Teinturiers qui fut construite en 1717 par le fondateur de la dynastie Husainide, on empruntera la rue El M'Bazza, à droite, qui conduit au Dar Othman , un superbe palais que s'était fait construire le bey Othman; il fut ensuite transformé en magasin d'approvisionnement pour l'armée ce qui lui valut le nom de Dar el Aoula.

En rebroussant chemin dans la rue des Teinturiers, on empruntera la rue Sidi Kassem afin de se rendre au Dar Ben Abdallah:

cet ancien palais du XVIIIe siècle abrite aujourd'hui les collections du musée du Patrimoine traditionnel de la ville de Tunis (entrée payante tous les jours de 9 h 30 à 16 h 30, sauf le dimanche. Visite gratuite le vendredi).

Les salles du rez-de-chaussée ne sont autres que les anciennes pièces d'habitation de cette demeure caractéristique. La première évoque l'enfance; celle du garçon avec entre autres une riche collection de costumes pour la circoncision, et celle de la petite fille avec tout ce qui fera d'elle une bonne maîtresse de maison. Les aspects de la vie quotidienne de la femme sont ensuite largement présentés; puis c'est le mariage (collection de costumes et de bijoux) et, enfin, l'homme, ses costumes, ses objets familiers.

A l'étage sont évoqués les métiers traditionnels.

En quittant le musée, on prendra la rue Sidi Kassem sur la gauche jusqu'au Tourbet el Bey, mausolée des princes Husainides construit par Ali Bey au XVIIIe siècle; derrière une jolie façade mêlant les influences de plusieurs styles, l'intérieur est une suite de cours et de salles ou ont été disposés les tombeaux.

La demeure d'Ibn Khaldoun est l'une des curiosités de la rue Tourbet El Bey: le grand philosophe du XIVe siècle y serait ne au n° 33. Par la rue des Juges, vous arriverez rue des Plaideurs, qui se continue par la rue des Andalous: les anciens palais des Maures chassés d'Espagne s'y étaient regroupés au début du XVIIe siècle; aujourd'hui on se contentera d'admirer les façades monumentales agrémentées de portes cloutées et de fenêtres traditionnelles, qui révèlent la présence de beaux hôtels particuliers.

On terminera la promenade en revenant par la rue du Château jusqu'au boulevard Bab Mnara oilles moins téméraires pourront trouver un taxi. Les bons marcheurs rejoindront la rue El Karchani, qui prend à droite sur la rue des Andalous. De là, ils suivront à gauche la rue Tourbet qui les ramènera dans les souks touristiques.

Après la visite de la vieille ville et de ses environs coloniaux situés de part et d'autre de l'avenue Bourguiba, le reste de la ville pourra sembler terne, à l'exception de la visite du musée du Bardo, bien sur, et, éventuellement, d'un tour au parc du Belvédère, oille zoo municipal et le musée d'Art moderne ont été installés.

Le Musée national du Bardo

Vous vous y rendrez en taxi ou grâce au bus n° 3 qui part de la place de Rome. Le matin, le musée est envahi par les groupes, et il est difficile d'y circuler sans avoir des commentaires en anglais, en allemand ou en français qui vous bourdonnent aux oreilles... Le visiteur individuel choisira de préférence la fin de la matinée pour se rendre au musée; pendant l'heure du déjeuner celui-ci reste ouvert et les salles sont vides... Une véritable aubaine!

Les collections du musée sont abritées dans un ancien palais construit au milieu du XIX siècle. Il faisait partie alors d'un ensemble de palais édifiés des Hafsides aux Beys de Tunis. Le palais du Bardo qui se trouve juste à côté du musée est, lui, le siège de l'Assemblée Nationale.

Le musée est ouvert tous les jours sauf le lundi et les jours fériés, de 9 h 30 à 16 h 30; entrée gratuite pour les étudiants munis de leur carte; une taxe est perçue pour l'utilisation d'un appareil photo.

Le plus important musée de Tunisie nécessite au moins deux heures de visite: y sont exposées des collections sur la Tunisie punique, mais surtout sur la Tunisie romaine, avec les splendides mosaïques découvertes un peu partout dans le pays. Un nouveau département d'art musulman séduit par son ambiance particulière. Les indications concernant chaque objet ou mosaïque sont traduites en français dans tout le musée.

Les premières salles sont consacrées à l'art punique: on y a entrepose des stèles votives portant le signe de Tanit, des bijoux et amulettes et tout un mobilier funéraire composé souvent d'objets importés d'Egypte. Une superbe cuirasse d'apparat dut appartenir à un soldat d'Hannibal.

Le couloir qui mène aux salles suivantes est bordé de grandes statues en terre cuite provenant de Korba (le siècle av. J.-C.) et de stèles puniques. Suit une salle dite salle Chrétienne: elle renferme des mosaïques provenant d'églises paléochrétiennes ou byzantines, des monuments funéraires et des mosaïques tombales qui proviennent de Carthage, de Thuburbo Majus, du Cap Bon, etc.

Une salle, dite de Bulla Régia, est consacrée aux sculptures et mosaïques provenant des villas du site. La mosaïque de Persée et Andromède (Ille ou Iye siècle) est une des plus élégantes.

Les colossales statues qui sont présentées proviennent du temple et figurent Apollon, Esculape et Cérès diadémée. Les différentes têtes d'empereurs qu'on trouve dans cette salle sont originaires de divers lieux de fouilles.

Vous passerez sans doute plus rapidement par les salles paléochrétiennes; ne manquez cependant pas la magistrale cuve baptismale avec mosaïque qui provient d'une église de Kélibia (Cap Bon); sarcophages et stèles datant du IIe au V siècle de notre ère occupent une galerie voisine.

Toutes les mosaïques et sculptures de la salle YIII proviennent de l'antique Thuburbo Majus; on y remarque surtout le très beau bas-relief qui représente des Ménades dansant.

De retour à la salle chrétienne, prenez l'escalier afin d'accéder aux collections du premier étage.

Situé à droite de l'escalier principal, le musée Arabe occupe un petit palais beylical qui a été annexé au bâtiment principal. La rénovation en a fait une petite merveille orientale avec ses stucs et sa fine décoration de faïences. Face à vous, la salle des Cuivres se prolonge par la salle des Coffres, ou les vitrines renferment de belles pièces incrustées de nacres et quelques instruments de musique traditionnels. La dernière salle est consacrée aux bijoux et à l'argenterie, aux fioles à parfum et à khol ainsi qu'à quelques coffrets. Des vêtements brodés occupent la vitrine du fond.

On peut rejoindre le rez-de-chaussée par un escalier situé au fond de cette salle, mais on reviendra plutôt vers le patio central afin de continuer la visite.

A votre gauche, une autre salle se présente et s'ouvre sur de petites pièces latérales: la plus grande présente une reconstitution d'un salon arabe avec un magnifique paravent et un lit d'apparat; de chaque côté deux plus petites pièces sont consacrées, l'une au culte israélite et à ses objets rituels, l'autre au cérémonial du thé. Dans deux salles latérales sont exposées des estampes; celle représentant la prise de Carthage par Charles Quint et celle des Espagnols attaquant Mahdia sont particulièrement intéressantes.

Vous passerez ensuite à la partie la plus intéressante du musée, celle des extraordinaires mosaïques d'époque romaine. L'ancien patio du palais est pourvu désormais de splendides statues et sculptures qui entourent un pavement composé de plusieurs types de mosaïques; le plus remarquable est le pavement d'Oeucus, qui représente Dionysos faisant don de la vigne au roi Ikarios. S'ouvrent sur ce patio plusieurs salles; toutes renferment des merveilles, mais les pièces majeures sont regroupées dans les salles suivantes:

- Salle 10, dite salle de Sousse: le Triomphe de Neptune , la mosaïque du Seigneur Julius sont des pures merveilles.

Cette dernière est un des rares témoignages sur la vie domestique de l'époque; un film, le Seigneur Julius a même pu en être tiré, tant le sujet est bien traité, mêlant la vie de tous les jours au rythme des saisons.

- Salle Il, dite de Dougga: le Triomphe de Neptune, avec les quatre saisons, et les Cyclopes dans l'antre de Vulcain sont les plus séduisantes des mosaïques de cette salle.

- Salle 12, dite d'El Jem: le Triomphe de Bacchus, la Chasse a Courre et la mosaïque des Neuf Muses...

- Salle 14, dite salle d'Uthina: Orphée charmant les animaux sauvages et l'Enlèvement d'Europe par Jupiter - Salle 15: la mosaïque de Virgile et les deux Muses, qui traduit une préoccupation mystique, mérite d'être examinée attentivement.

- Les salles 17 à 22 présentent des objets qui ont été découverts au cours des fouilles marines de Mahdia, exploration de l'épave d'un navire qui aurait sombré vers l'an 81 av. J.-C. Bronzes et marbres grecs en furent retirés, et sont aujourd'hui exposés dans ces salles.

- La salle 24 est entièrement pavée de mosaïques provenant de Thuburbo Majus et de Carthage. Elles sont toutes plus belles les unes que les autres, mais votre préférence ira peut-être à la grande mosaïque aux natures mortes, un réel petit chef-d’œuvre.

- Salle 25: la Diane Chasseresse émerge d'autres merveilles par sa grâce et par la souplesse de son mouvement.

- Salle 27, dite salle d'Ulysse en raison de sa pièce principale, la mosaïque d'Ulysse, représentant le héros attaché au grand mât d'un navire afin d'échapper au chant des sirènes: superbe.

Au second étage, les salles 29 à 35 présentent encore des mosaïques, toujours des mosaïques... Ne manquez pas d'aller admirer la plus belle, le Triomphe de Dionysos, qui se trouve en salle 33.

La visite du Musée du Bardo dévoilera peut-être en vous une nouvelle passion... quoi qu'il en soit, il est préférable d'entreprendre cette visite à la fin de votre séjour en Tunisie, lorsque vous aurez déjà eu l'occasion de visiter les sites de provenance de ces merveilleux témoignages du passé. Lorsqu'on a vu Bulla Régia avant le Bardo, on remet beaucoup plus facilement en situation les mosaïques qui témoignent alors pleinement du raffinement de la vie antique en Tunisie.

Le parc du Belvédère

Si vous avez envie d'un peu de verdure après une journée harassante dans la médina, c'est là que vous pouvez envisager trouver quelque repos... Ce parc de 260 ha situé sur une colline et ou s'élève l'élégante Koubba (XVIIe siècle) permet par ailleurs de jouir d'une vue merveilleuse sur la ville. On peut s'y rendre en bus depuis l'avenue Bourguiba avec les n° 5 et 38.

Le zoo qui a été aménagé dans le parc enferme des espèces animales africaines.

Quant au musée d'Art moderne situé derrière le zoo, il propose quelques collections permanentes d'artistes tunisiens qui donnent l'occasion de se familiariser avec les nouveaux mouvements artistiques du pays (visite gratuite tous les jours sauf le lundi, de 9 h 30 à 16 h 30; du 1er juillet au 15 septembre, de 9 h à 12 h et de 15 h à 18 h).

ENVIRONS NORD

Tunis ne serait pas ce qu'elle est si elle n'avait pas autour d'elle des plages et des villes du bord de mer facilement accessibles par les transports en commun, qui en sont l'un des charmes.

La Goulette. A 11 km de Tunis, La Goulette est reliée à Tunis en 5 minutes de T.G.M. Cette ville de 25 000 habitants connut de beaux jours durant la colonisation, quand elle abritait une population francophone populeuse. Simple, La Goulette l'est restée et c'est ce qui fait tout son attrait. On ne manquera pas surtout d'aller dîner: les nombreux restaurants de son avenue principale sont tous plus gais et plus accueillants les uns que les autres. Le poisson complet et les dorades y sont un régal, et l'ambiance chaudement décontractée.

Sidi Bou Said : toutes proportions gardées, c'est le SaintPaul-de-Vence de la Tunisie, le rendez-vous des artistes, de la jeune bourgeoisie et des étrangers en mal d'exotisme... Mais c'est une pure merveille d'architecture avec ses anciens palais restaurés, peints de blanc et de bleu, son ambiance feutrée de petit paradis...

Cet ancien village maraboutique fut jadis voué à la religion: en 1207, un mystique nommé Abou SaÏd Khalafa ben Yahia s'y installa afin de développer le soufisme. La mort en fit un saint et la colline de Sidi Bou SaÏd devint un haut lieu de la spiritualité.

Sans aucun doute, vous adorerez le fameux café des Nattes, d'ou vous dominerez la rue principale du village, ou vous vous promènerez sans véritable but, le long des ruelles qui sont presque ensorcelantes.

Quelques hôtels proposent des chambres simples mais sympathiques (les réservations sont nécessaires en raison du petit nombre d'établissements). Malheureusement, la plage de Sidi Bou Sald, au pied du village, est difficilement accessible à pied, car le chemin qui y mène est assez abrupt. Le port de plaisance n'a d'autre intérêt que celui d'être bordé de quelques restaurants (dont le meilleur est Le Pirate); ici les crustacés et les poissons sont admirablement bien préparés et l'accueil est des plus sympathiques.

La Marsa: terminus de la ligne du T.G.M., la plage de La Marsa est une agréable station estivale pourvue d'une jolie promenade sur le boulevard de la Corniche. La réputation du cafe Saf-Saf est désormais surfaite: le dromadaire qui jadis tournait, les yeux bandés, afin d'actionner la noria située au milieu du café, est aujourd'hui immobile... Sans doute, doit-on lui faire faire un petit tour dans le cas ou un groupe de touristes débarquerait dans l'établissement, mais la légende a vécu et le puits est aujourd'hui rempli de papiers et de détritus!

Agréables restaurants et cafés cependant, et coquets commerces à côté de la gare du T.G.M.

Gammarth: de La Marsa, il faut prendre un taxi pour arriver i cette très belle station balnéaire ou des hôtels récents se sont construits. La baie des Singes, à quelques kilomètres, est un lieu de séjour chic, et ses plages sont encore peu fréquentées. L' Mtel de la Baie des Singes est une halte à ne pas manquer pour les amoureux de luxe et de tranquillité.

ENVIRONS SUD

Moins connues que les stations du Nord, les villes de la banlieue sud de Tunis peuvent avoir aussi quelque charme.

Es Zahra est une petite station estivale sans prétention, cependant très fréquentée l'été par la population de Tunis en quête de fraÎcheur et de plaisirs nautiques.

Hammam Lif, la plus grande des stations de la région, se fit connaitre dès l'époque romaine, grâce à ses eaux thermales qui sont encore utilisées de nos jours pour le traitement des affections nasales. D'Hammam Lif, une route grimpe au flanc du jebel Bou Kornine jusqu'à un petit col situé à 500 m d'altitude: jolie vue sur les environs.