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TOZEUR
Au cœur de la région du Jérid, Tozeur est un chef-lieu de
délégation devenu célèbre en raison de la splendide palmeraie qui fait vivre
environ 27 000 habitants.
L'aéroport international de Tozeur permet désormais d'envisager une arrivée directe dans les oasis en provenance d'Europe, sans avoir à passer par Tunis. Des taxis assurent
le trajet de l'aéroport en ville et les plus grands hôtels disposent de
navettes pour acheminer leurs clients.
La voie ferrée dessert la ville: un service de train
quotidien la relie à Tunis (et vice-versa) en presque 12 heures de trajet. Le
réseau d'autocars assure des services entre Tozeur et Nefta, Metlaoui et Gafsa,
Kébili et Gabès.
Pour les environs et les villes du grand Sud (Kébili, Douz),
les louages sont toujours à l'affût de passagers.
Par ailleurs, des expéditions peuvent être réalisées dans le
désert à l'aide de véhicules tout terrain; le Syndicat d'Initiative de Tozeur
se chargera de vous conseiller (place Ibn Chabbat, ouvert de 7h30 à 12h30 et de
14h30 à 18h30).
La tache sombre de l'oasis de Tozeur apparaît comme un
mirage lorsqu'on arrive du chott el Jérid, les yeux brûlés de soleil et par la
réverbération des rayons sur la nappe de sel... Irréel, le pays des palmes est
un hymne à la vie après la solitude d'une région sans horizon.
De son lointain passé, Tozeur, l'antique Thusuros, n'a guère
conservé de vestiges mais on sait que la ville fut assez florissante à l'époque
byzantine et que le christianisme s'y développa facilement.
L'arrivée des Arabes provoqua quelques luttes farouches
entre les Berbères christianisés et les envahisseurs, avant que la ville ne vive
au rythme des razzias qui ponctuèrent tout son Moyen Age.
Aujourd'hui, Tozeur est une calme bourgade dont l'enjeu
touristique a été brusquement révélé par la construction de son aéroport.
L'hiver est devenu très fréquenté par les Européens en quête de soleil et
d'expéditions dans le désert. Si l'oasis et sa production de datte savoureuses
et de fruits occupent la majorité de population, le tourisme commence à prendre
une part non négligeable dans l'activité économique de la région.
Quelques bons hôtels permettent ici un séjour confortable
que .l'on agrémentera d'excursions dans les environs et de balades à dos de
dromadaire au fond de la luxuriante palmeraie.
L’oasis s'étend sur plus de 1 000 ha, avec 200 000
palmiers dattiers. C'est ici que les deglet-en-nour, les «doigts de lumière» naissent
sur des arbres mesurant jusqu'à 25
m de haut: ces fameuses dattes nécessitent un travail constant
de la part des agriculteurs qui doivent au printemps pratiquer la fécondation
des fleurs, du régime de l'arbre femelle par une brindille chargée de pollen
r"'provenant du palmier mâle (voir Nefta).
Le «Paradis» de Tozeur est situé au cœur de la palmeraie:
c'est un immense jardin ou poussent à l'ombre des palmiers, fleurs, légumes et
arbres fruitiers. On y accède par une bonne 'piste qui mène d'abord à Bled el
Hader, un hameau construit sur les soubassements de l'antique Thusuros; on
pourra jeter un coup d'œil à la petite mosquée avant de poursuivre pour le
village d'Abbès. On passera devant le marabout de Sidi Ali Bou Lifa avant de
déboucher sur le «Paradis» lui-même. Une belle promenade vous y attend au
milieu des senteurs délicates des roses et des autres fleurs dont le
propriétaire tire des sirops colorés qu'il vend aux touristes intrigués.
On ne manquera pas non plus de rendre une visite à la partie
la plus pittoresque de l'oasis que l'on nomme ici le Belvédère; il suffit de
revenir sur ses pas jusqu'à l'avenue Abou el Kacem Ech Chabbi, et de continuer
jusqu'à l'hôtel Jérid.
Une piste mène ensuite au hameau Ech Chabia, longeant les
canaux d'irrigation. On arrive dans une partie très sinueuse de la palmeraie,
et le Belvédère apparaît enfin au pied des rochers et des sources. Jolie vue
depuis les rochers sur l'oued, la palmeraie et... l'horizon.
Le zoo de Si Tijani: il a été installé par la municipalité à
l'extérieur de Tozeur, et on pourra s'y rendre après la visite de la palmeraie;
ici sont collectionnées les espèces peu sympathiques qui " peuplent le
désert: scorpions, vipères cornues, et quelques autres encore. Dans le genre
plus caressant, les gazelles et les renards des sables sont aussi à l'appel.
La ville elle-même séduit par l'architecture de ses maisons
faites de briques ocres, typiques de la région. Vous commencerez la visite par
le vieux quartier des Ouled el Hadef, le plus ancien de la ville. La rue des
Jardins qui prend sur la place Ibn Chabat, centre de Tozeur, vous y conduira.
La médina est ici tout à fait pittoresque; les ruelles dessinées au XIV siècle,
n'ont guère changé depuis, et la vie domestique continue, dans l'ambiance
feutrée des belles maisons de briques. La rue de Kairouan, délimitée par un
double porche, mérite le détour: elle abrite le musée des Arts et Traditions
populaires (ouvert tous les jours sauf le lundi et les jours fériés, de 9h à
12h et de 14h à 17h30). Il renferme des collections de costumes, d'ustensiles
de cuisine, d'objets de culte, de bijoux et de tapis, qui sont les témoins de
la vie sociale et familiale du Sud; toujours intéressants, et parfois très
émouvants. Ne quittez pas ce quartier si authentique sans vous perdre un peu au
fond des ruelles, sans avoir d'un œil indiscret volé un peu de la vie de cette
population du bout de la
Tunisie.
En revenant vers les quartiers modernes, attardez-vous au
marché qui se tient tous les jours, et profitez-en pour faire quelques achats
dans les boutiques de l'avenue Bourguiba: tapis berbères, vêtements brodés,
bijoux, tout s'y vend et s'y achète à la suite de marchandages animés... Les
vanneries tressées avec des fibres de palmier, et les sièges et meubles
exécutés avec des nervures de palmes sont originaires de Tozeur: encombrants
achats, mais garantis d'origine locale.
AUX ENVIRONS
Les environs font partie intégrante de la visite de Tozeur,
et il serait vraiment dommage de les manquer; ils sont les vrais paysages de
cette région du Jérid, et de nombreuses excursions en Land Rover y sont
organisées.
Oasis d'el Oudiane: située à 18 km au N.-E. de Tozeur,
cette oasis regroupe en fait un ensemble de petites oasis réparties sur une
dizaine de kilomètres. Là aussi la végétation s'épanouit sous les palmiers en
toutes sortes d'espèces d'arbres fruitiers: orangers, citronniers, figuiers,
etc.
El Hamma du Jérid: en suivant la route de Gafsa (au N.) sur 9 km, on arrive à l'oasis d'el
Hamma du Jérid, réputée pour ses six sources thermales qui jaillissent à 38° et
qui sont toujours utilisées par la population locale.
Chebika et Tamerza : située à plus de 50 km au N.-D. de Tozeur,
Chebika est indiscutablement une perle du désert; cette oasis de montagne est assez
facilement rejointe par une bonne piste utilisable sans aucun problème par un
véhicule de tourisme.
Les Romains s'y seraient installés dans une position de
défense est encore aujourd'hui celle du
village. Accroché à la mon, Chebika est construit en terre et en pierre, et se
dissimule aux yeux des visiteurs. Malheureusement, abandonné de '"
habitants, il fait figure désormais de village fantôme. La gorge où naissent
les sources est distante de 500
mètres du village; le paysage est ici d'une grande douceur,
avec ses palmiers bordant 'i lit de sable.
La piste qui s'élève ensuite vers Tamerza est d'accès
beaucoup ;plus difficile; elle domine en partie une gorge avant de descendre
vers l'oued el Khangat. A 66
km de Tozeur, on est ravi de taire halte dans la fraîche
oasis de Tamerza; il est possible d'y ; Séjourner dans un hôtel simple, qui
propose des randonnées à dos de dromadaire ou à dos d'âne. Juste à côté des
paillotes de t'hôtel, en contrebas, une jolie cascade occupe le ravin de
l'oued.
L'ancien village de Tamerza a lui aussi été abandonné au
profit de maisons neuves, mais on pourra encore s'approcher des r anciennes
demeures en pisé. A dos d'âne, on continuera vers oasis de Midès, dont le
village paraît suspendu au-dessus de ~" gorges profondes. La promenade est
absolument extraordinaire.
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