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Thuburbo majus
Le site est une véritable révélation, tant les ruines sont
grandioses: on a l'impression que quelque Romain risque de surgir d'une salle
des thermes et on imaginera sans difficulté la foule grouillante, en toge en ou
simple tunique, s'affairant au marché.
L’un des sites archéologiques romains importants de Tunisie,
Thuburbo Majus est situé à 27
km de Zaghouan, et à une soixantaine de kilomètres de
Tunis. Cette excursion est facilement réalisable depuis la capitale, comme
depuis un lieu de séjour sur le golfe d'Hammamet. Les agences de voyage la
proposent d'ailleurs, en association avec Zaghouan et Dougga, dans tous les
hôtels de la côte, de Nabeul à Sousse. Par ses propres moyens, on peut sans
peine se rendre de Tunis à Thuburbo Majus en utilisant le train qui dessert El
Fahs et de là prendre un taxi que l'on négociera, aller et retour.
Si aucun taxi n'était disponible, il suffit de discuter avec
le propriétaire désœuvré d'un véhicule qui, pour quelques dinars, vous
transportera aux ruines et vous y attendra. Si les horaires de train ne vous
conviennent pas, les louages vous amèneront ici en une heure de trajet.
On pourra aussi se rendre à Thuburbo Majus depuis Nabeul et
transitant par Zaghouan, ce qui permettra de visiter ce point d'intérêt en même
temps. De Zaghouan, des louages acceptent sans difficulté de parcourir les 27 km d'une très jolie route
qui laisse voir à certains endroits des tronçon de l'aqueduc (voir Zaghouan)
qui amenait l'eau du Djebel Zaghouan à Carthage.
D'origine berbère, la ville soutint Carthage au moment des
guerres puniques, ce qui lui coûtera cher lorsque les Romains vainqueurs
décidèrent de lui faire payer un lourd tribut. Ce n'est qu'en 128 qu'elle fut
élevée au rang de municipe par Hadrien; en 188, elle devenait colonie et
entrait dans une période de prospérité. A la suite de crises diverses à la fin
du 1lI e siècle, la ville fut largement restaurée au siècle suivant, et une
bonne partie des monuments et des maisons furent reconstruits. Le christianisme
entraîna l'édification de plusieurs églises. Tout cela fut ruiné par l'invasion
vandale, qui réduisit la splendide Thuburbo Majus à une simple bourgade. Des
huileries furent aménagées là ou les puissants bâtiments s'élevaient, et la
population autochtone y reprit ses quartiers en s'y construisant des maisons
toutes simples.
L'accès aux ruines, du lever au coucher du soleil, est
payant. Le gardien, fort sympathique, vend des boissons et des cartes postales
et propose ses services comme guide... Comptez deux heures de visite, et
n'oubliez pas un chapeau, car l'ombre est inexistante sur le site.
A l'entrée, les ruines ne semblent guère importantes; mais
au cours de la visite, on s'étonnera de l'étendue des vestiges qui s'ordonnent
au-delà du forum en deux groupes distincts.
Le forum, bel espace de 49 m de côté, était entouré jadis d'un portique
dont il subsiste encore aujourd'hui quelques colonnes à chapiteaux corinthiens.
Du forum, on accède au Capitole, superbe malgré son mauvais état de
conservation: dominant la ville, il était le plus imposant que les Romains
aient construit sur le sol africain; on pourra encore admirer les colonnes du
podium et les salles voûtées du sous-sol.
Le temple de la
Paix qui jouxte le forum est reconnaissable à son pylône
décoré d'un haut relief représentant un cheval ailé, de très belle facture. Le
temple de Mercure, qui lui fait face, possède encore sa cour très particulière,
de plan circulaire.
En quittant le forum, on dépasse le marché qui, dans l'angle
sud, a conservé ses boutiques alignées sur trois côtés. C'est un ensemble très
évocateur, ou l'on peut imaginer la population venant y faire ses emplettes,
marchander quelques kilos d'amandes, faire déployer quelques mètres de tissu...
Passé le marché, on traverse une curieuse maison très abîmée,
la maison du Labyrinthe; on y découvrira des mosaïques en relief tout à fait
curieuses. Par la maison du Labyrinthe, on accède à la maison de l'Aurige, qui
jouxte les thermes d'hiver; ceux-ci entièrement reconstruits entre 395 et 408
ont été transformés en huilerie au moment de l'occupation de la ville par la
population locale.
Par la rue des Thermes d'hiver, souvent envahie par les
herbes, on rejoint le temple de Baalat qui fait partie du deuxième groupement
de vestiges: le petit sanctuaire pourvu d'un bel escalier de neuf marches date
probablement du Ile siècle; il n'en reste pas grand chose si ce n'est deux
colonnes qui dominent la ville, et la porte qui conduisait aux thermes d'été.
On se dirigera vers ces derniers en franchissant ce portail,
puis en traversant l'enclos de Caelestis, patronne de la cité; il ne reste
aujourd'hui qu'un ensemble confus de ce qui devait être un vaste domaine bordé
de portiques sur trois côtés et traversé par une majestueuse allée encore
visible en son centre.
Après avoir contourné un vaste bâtiment à l'origine inconnue
on rejoindra par la droite la palestre des Petronii , qui doit son nom à
Petronius Felix et à ses deux fils qui l'offrirent à la en 225. Cette esplanade
bordée de portiques servait de terrain de jeux aux habitants de Thuburbo Majus
qui le fréquen1t avant de se rendre aux bains situés juste à côté. On ne quera
pas d'admirer la finesse des chapiteaux et le curieux des 36 lettres qui fut
gravé dans la pierre à l'angle sud de l’esplanade.
Les thermes d'été, auxquels on accède par une porte contiguë
à la palestre furent restaurés en 361. Ils possèdent encore leurs belles
piscines tapissées de mosaïque blanche, et des revêl1ents de mosaïque au sol en
parfait état.
On sortira par la palestre, afin de se diriger vers un groupe
habitations qui s'étend à gauche de l'allée, lorsqu'on se dirige 'ers la sortie
du site. Ces demeures méritent un coup d'œil pour leurs mosaïques en relief de
style tardif, aux couleurs sobres: quelques-unes sont blanches et noires, à
motifs géométriques, (l'autres, aussi simples, emploient les rouges, jaunes et
verts.
AUX ENVIRONS
C'est à El Fahs que s'arrête le train, et c'est d'ici que
vous trouverez un taxi pour Thuburbo Majus. Un seul restaurant digne de ce nom
mérite votre visite; il est situé au fond d'une ruelle à gauche de la gare et
sert un très bon couscous; son nom: La Lanterne, tout simplement... Depuis El Fhas, on
peut atteindre Kar Lemsa par la route de Siliana; une piste prend à gauche à Sidi
Aouidat et mène en une vingtaine de kilomètres au site de l'antique Limisa: on
y verra une forteresse byzantine bâtie au VIe siècle. Une huilerie antique peut
être visitée non loin de là, ainsi qu'un petit théâtre qui a conservé quelques
gradins. Mais f C'est surtout le paysage rencontré sur cet itinéraire qui
justifie la balade: quelques beaux points de vue sur les montagnes raviront les
photographes.
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