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TABARKA

Ce charmant petit port (7 000 habitants environ) devenu chef lieu de délégation profite de sa situation privilégiée: la mer et la montagne s'y rejoignent, lui apportant des activités économiques fameuses (corail et liège), mais aussi un climat fort agréable qui lui a permis de développer son tourisme.

Tabarka est relié à Tunis par la voie ferrée, mais les trains y sont irréguliers. L'autocar est beaucoup plus pratique puisqu'il dessert Tunis mais aussi lendouba via AÏn Draham, Le Kef et Bizerte via Mateur. Louages pour toutes ces directions et pour les environs.

Si Tabarka s'est rendu célèbre depuis quelques années grâce à son festival, la vie s'y déroule paisiblement dix mois sur douze.

Mais lorsque juillet arrive, le petit port tranquille est comme emporté dans une immense farandole: le festival y débarque, et avec lui toute l'animation qu'attendent les milliers de jeunes venus de toute l'Europe et de toute la Tunisie. On y découvre dans une ambiance internationale décontractée des groupes de musiciens et des troupes de théâtre qui offrent des spectacles; on peut assister à des conférences, comme participer à des stages divers... bref, à Tabarka, on peut passer des vacances au soleil tout en se cultivant et en s'adonnant au sport de son choix.

Que toute cette joyeuse ambiance ne fasse pas oublier cependant que Tabarka connut par le passé bien d'autres modes: connu d'abord sous le nom de Thabraca en tant que comptoir phénicien, son port développa une certaine prospérité sous la domination romaine, grâce aux produits qu'il exportait (produits des mines de l'intérieur mais aussi produits forestiers des monts de Kroumirie, céréales de la plaine, huile d'olive, etc.).

Le christianisme s'y fit une place de choix, avec l'érection de nombreuses basiliques, églises et nécropoles. Puis la ville disparaît de la scène pour réapparaître au XVIe siècle, lorsqu'elle sert Charles Quint qui y installe la famille Lomellini. Ceux-ci y établirent un puissant comptoir, défendu par l'énorme fort construit sur l'Île, et développèrent la pêche et le travail du corail, ainsi que le commerce d'exportation. La présence française fut sensible dés 1871, avec l'installation de la Compagnie royale d'Afrique, qui obtint le privilège de la pêche au corail. Plus tard, l'armée française endommagera la forteresse de Tabarka, qui servit cependant de base à la France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Quelques heures seulement suffisent pour visiter la ville et le port, mais l'atmosphère est ici si agréable que l'on a tout intérêt à choisir d'y passer la nuit. Quelques hôtels dans le centre-ville proposent des prix très bas, en rapport cependant avec leur confort très relatif. A l'extérieur de la ville, des hôtels et club-vacances disposent de tout l'équipement moderne et possèdent parfois un accès direct à la plage.

Vous vous orienterez par rapport à l'avenue Habib Bourguiba, tout à fait charmante avec ses maisons de deux étages, ses platanes et ses bistros. A côté de l'hôtel de France, charmante auberge ou séjourna l'ex-président Bourguiba, sur une petite place bordée de platanes, se trouve le fameux café andalou on se doit d'y aller jeter un coup d'œil et même y consommer un thé à la menthe et aux pignons dans un cadre absolument fascinant; le décor ici est fait de tout un bric-à-brac d'antiquites qui ressortent sur un fond de belles faïences; le soir, les habitués y jouent aux dés, viennent y fumer un narghilé ou tout simplement bavarder pendant des heures.

A environ 80 mètres, à flanc de colline, on peut visiter la basilique qui est en fait une ancienne citerne romaine. L'accès n'est pas toujours possible en fonction des travaux de restauration ou tout simplement... de l'emploi du temps du gardien.

En continuant l'avenue Bourguiba vers la mer, vous dépasserez l'ancien port ou quelques grosses barques colorées sont venues s'échouer ; belle vue sur l'Île et le fort génois désormais en ruine.

Un peu de marche encore, et vous poursuivrez la balade jusqu'aux Aiguilles que l'on atteint en suivant la corniche. Ces rochers de 20 à 25 mètres de hauteur, découpés par l'érosion, sont le but de promenade favori des jeunes de Tabarka; le soir, à la tombée du jour, tout le monde se retrouve là pour discuter ou écouter de la musique; jolie vue sur l'Île.

Bien sur, vous ne quitterez pas Tabarka sans faire l'emplette d'un bijou de corail; de nombreuses boutiques proposent leurs produits sur l'avenue Bourguiba. A ne pas manquer non plus, la langouste de La Galite qui se déguste dans les restaurants du Centre-ville (prix au poids). Enfin, les fanatiques de pêche sous marine prolongeront leurs vacances ici en raison d'une côte rocheuse particulièrement poissonneuse.

AUX ENVIRONS

La Galite: archipel volcanique situé à 35 km au large des côtes, c'est un petit paradis pour les pêcheurs. Aucun service régulier ne dessert l'Île de La Galite, la principale; le seul moyen de s'y rendre est de partir avec un pêcheur de Tabarka.

Ain Draham: la route qui relie Tabarka à AÏn Draham traverse une région de montagne plantée de chênes-lièges; c'est d'ici que sont expédiés les blocs de liège qui seront ensuite travaillés en ville afin d'en faire des bouchons et du liège de décoration.

Le paysage contraste fort avec les plaines desséchées du centre du pays: tout ici est vert, et l'air y est frais. On dépassera Hammam Bourguiba, petite station thermale où l'on soigne les affections des voies respiratoires, avant d'arriver à AÏn Draham, charmante bourgade où la chasse au sanglier est encore pratiquée.

L'été, la température est bien clémente dans cette partie des Monts de Kroumirie oilles Tunisiens des villes viennent passer des vacances reposantes. L'hiver, la neige n'est pas inconnue et les routes deviennent alors difficilement praticables.