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SFAX
Chef-lieu de gouvernorat, Sfax, forte d'environ 240 000
habitants, est surtout la seconde ville de Tunisie et la capitale du Sud du
pays.
Peu touristique, Sfax est à l'écart des chemins utilisés par
les agences de voyage; elle est cependant une porte ouverte sur le Sud, à
l'intersection des routes allant vers Gabès et Gafsa, mais aussi un port
desservant les Îles Kerkenna dont le développement touristique est certain. Un
aéroport dessert Sfax par des vols en provenance ou à destination de Tunis. Le
bac assure plusieurs passages quotidiens avec les Îles Kerkenna; le trajet dure
environ 90 minutes. La voie ferrée met Sfax à 4 h 30 de Tunis par train direct,
mais aussi en relation avec Gafsa, Metlaoui, Gabès et Tozar. Des services
d'autocars relient Sfax à Gabès, Jerba, Monastir, Sousse, Médénine, Tataouine
et Tunis. Des louages vous emmèneront à El Jem, Mahdia, Thyna mais également à
Gafsa et à Gabès.
L'arrivée à Sfax, c'est avant tout un défilé interminable
d'oliviers dont I~s alignements ne s'arrêtent qu'aux portes de la ville.
Ils sont le signe de la spécialisation de la région et de la
présence des grandes huileries qu'ils alimentent. En effet, c'est dans le
gouvernorat de Sfax que la production d'huile d'olive, la plus importante du
pays, s'est développée dans les dernières années d'une façon fulgurante: ici,
on produit jusqu'à 60 070 de la production tunisienne, et plus de 95 % des
exportations.
Le port de Sfax, qui fut entièrement réaménagé après la Seconde Guerre
mondiale, est le premier port de Tunisie. Ce rang incontesté, il le doit autant
aux exportations qui transitent ici qu'aux importations qu'il reçoit.
Les phosphates de tout le pays sont acheminés ici et
expédiés ensuite dans le monde. Les super et les hyper-phosphates produits par
l'industrie sfaxienne y tiennent une part non négligeable. Le sel et l'alfa
sont également une richesse qui transite par le port de commerce de Sfax.
Pour ce qui est de l'agriculture, la région du Sud Sahel,
dont dépend Sfax, est spécialisée, outre l'olivier, dans les arbres fruitiers,
qui donnent de belles récoltes: figuiers, abricotiers, pêchers, pistachiers,
vigne et amandiers. Les amandes et les abricots surtout sont exportés.
Quant à la pêche, elle se concentre sur les pêcheries fixes
(voir Bordj JiIlij, à Jerba) qui se sont implantées facilement sur la côte
grâce à des fonds très peu profonds: on pêche ici surtout le thon, le poulpe
mais aussi les éponges qui sont l'une des richesses maritimes de Sfax. La
plupart d'entre elles sont exportées, mais on trouve à en acheter sur place: ne
manquez pas cet achat à bas prix, car vous ne retrouverez pas partout cette
occasion bon marché. La pêche aux éponges reste quelque chose d'exceptionnel;
ici, elle est pratiquée de novembre à mars, au scaphandre,
afin d'avoir le temps de détacher les meilleures éponges sans avoir à les
arracher. On pêche également au harpon, mais pour cela les fonds ne doivent pas
dépasser les 15 mètres.
Si la ville moderne n'enthousiasme pas beaucoup, la médina
en revanche mérite au moins deux heures de promenade. C'est une des plus belles
vieilles villes du pays, après celles de Tunis, Kairouan et Sousse.
On entre dans Sfax par le boulevard Farhat Hached, qui
conduit à la kasba. Les murs de la médina se dressent alors sous vos yeux et en
les suivant le long de l'avenue Ali Belhaouane, vous arriverez à la porte
principale Bab Diwan (porte du Conseil), qui fut construite en 1306, puis
maintes fois restauree.
En se frayant un chemin parmi les échoppes, on arrive à la
rue des Andalous qui mène à la rue Mongi Slim, réputée pour les portes très
ouvragées de ses demeures.
Par la rue de la
Driba, à droite, on arrive au Dar Jallouli qui abrite le
musée régional des Arts et Traditions populaires.
Le cadre est tout aussi intéressant que le contenu des
collections;
en effet cette maison bourgeoise du XVIIe siècle a conservé
beaucoup de charme, avec ses alcôves disposées autour d'une cour intérieure,
ses plafonds en bois peint et ses carreaux de faÏence émaillée (entrée payante
du mardi au dimanche, de 9h à 16h30;fermé les jours fériés).
Au rez-de-chaussée, on visitera la réserve à provisions, la
cuisine, la salle du mobilier et deux pièces d'habitation. Au premier étage,
fort belles collections de châles et de costumes, avec, en particulier, des
parures de mariage; les bijoux exposés sont également de toute beauté. Au
second étage, des manuscrits superbement calligraphies et des peintures sur
verre occupent la pièce située au-dessus de la galerie.
En sortant du Dar, on reprendra le même chemin qu'à l'aller
afin de se rendre aux souks: ceux-ci s'étendent sur presque toute la médina et,
en les suivant, on finit par arriver à la Grande Mosquée. Au
passage, vous croiserez le souk el Jama ou sont vendus les tissus, puis le souk
des Forgerons; enfin en suivant la rue des Teinturiers vous bouclerez votre
parcours dans les galeries couvertes en arrivant à la Grande Mosquée.
La
Grande Mosquée est la plus ancienne des cent quinze mosquées
et zaouia de la ville. Fondée vers 849, elle fut reconstruite à l'époque
fatimide (XIe siècle), puis à l'époque turque.
Son minaret rappelle celui de la Grande Mosquée de
Kairouan.
En s'engageant par la rue de la Grande Mosquée, on
reviendra à Bab Diwan.
L'avenue de la
République, qui part de Bab Diwan, conduit tout droit à une
place au fond de laquelle se dresse les bâtiments de la Municipalité. Au
rez-de-chaussée, le musée municipal abrite une collection d'antiquités
provenant des fouilles organisées dans la région, et plus spécialement de
Thaenae. Le musée est ouvert tous les jours sauf le lundi et les jours fériés
de 8h30 à 13h et de 15h à 18h. Des antiquités islamiques, stèles funéraires,
manuscrits et reliures, vous passerez aux antiquités paléochrétiennes qui ont
été retrouvées à Sfax, Thaenae et à la Skhirra:
mosaïques et fresques décoratives, mais aussi mosaïques
funéraires. Dans des vitrines sont exposés des vases et plats, des lampes, des
objets de bronze et de verre ainsi que des bijoux. Suivent les antiquités
romaines, dont la pièce magistrale est sans nul doute le cippe funéraire peint
provenant de Thaenae, exposé au milieu de la salle. Des belles mosaïques
placées au fond de la salle, on remarque surtout celle qui représente le poète
Ennius et une Muse (entourés de huit autres muses en médaillon), et une
splendide tête de Méduse. Plus loin, après quelques sculptures romaines, vous
admirerez le pavement circulaire qui provient des grands thermes de Thaenae, de
toute beauté. D'autres objets attireront l'attention; ils sont tous originaires
de villas et nécropoles romaines de la région de Sfax. Après d'autres jolies mosaïques
(mer poissonneuse, lion, dieu Océan dans une mer remplie de poissons, amour
chevauchant un dauphin, etc.), le musée vous proposera un «flash-back»: vous
remonterez le temps jusqu'à la préhistoire et à la culture capsienne (de Capsa,
l'antique Gafsa).
AUX ENVIRONS
A 11 km
de Sfax, une piste prend à gauche non loin du phare de Thyna, et mène à la
ville antique de Tbaenae, dont les ruines sont bien isolées. Seuls les
passionnés s'y risqueront, car les fondations risquent de décevoir les moins
motivés.
Connu par les Puniques, le site ne prit vraiment de l'ampleur
qu'avec sa promulgation en tant que colonie sous Hadrien (117-138) pour devenir
une grande cité sous les Sévères (193-235).
L'enceinte se devine encore mais c'est l'établissement
thermal qui est le mieux conservé avec des murs atteignant jusqu'à 3 mètres de hauteur.
Au nord des ruines, plusieurs maisons ont conservé leurs mosaïques
géométriques ou à décor floral: c'est le cas de la maison de Dionysos.
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