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SBEiTLA
Bourg agricole et chef-lieu de délégation, la ville actuelle
semble bien terne à côté des prodigieuses ruines de l'antique sufetula qui
occupent un vaste plateau situé à 537
m d'altitude.
En dehors du grand axe routier Kairouan-Gafsa, Sbeitla ..,
n'est pas à proprement parler une ville de grand passage. S'y rendre par ses
propres moyens depuis Kairouan ou Gafsa nécessitera peut-être l'affrètement
d'un louage, bien que des services de bus assurent les liaisons dans les deux
sens. Depuis Maktar, il faut d'abord se rendre en louage à Rohia; de là un
autobus en provenance du Kef vous transportera jusqu'à l'entrée de SbeÏtla, ou
se trouvent les ruines (demandez au chauffeur de vous y arrêter). Un bon hôtel,
situé non loin des ruines, l'hôtel Sufetu/a, peut être une excellente étape
pour le voyageur qui arrive un peu tard.
L'antique Sufetula en impose: on sait qu'elle fut municipe à
la fin du )er siècle apr. J .-C., puis colonie; mais son histoire est
finalement peu connue et on s'en étonne à la vue de cette gigantesque cité
romaine qui prend une ensorcelante couleur ocre au coucher du soleil. A
l'époque byzantine, elle fut, en 646, déclarée résidence du patrice Grégoire,
qui y transféra sa cour à la suite de son refus d'obéir à Byzance.
Les traces de l'occupation byzantine sont d'ailleurs
omniprésentes sur le site, et rappellent que la cité résista à l'invasion
arabe, qui vainquit néanmoins la défense byzantine une vingtaine d'années plus
tard.
L'accès au site est payant du lever au coucher du soleil; il
faut compter deux heures en moyenne pour voir l'essentiel tout en se promenant
tranquillement. Souvent le gardien reste dans le petit musée qui se trouve de
l'autre côté de la route; celui-ci ne présente que peu d'intérêt, mais quelques
plans et explications concernant le fonctionnement des huileries de basse
époque retiendront l'attention.
L'entrée du site conduit aux soubassements d'un fort
byzantin; on tournera ensuite à gauche sur une voie antique bordée sur sa
droite par d'autres fortifications. En plein milieu de la voie, on bute alors
sur les restes d'une ancienne huilerie : on remarque le pressoir bien conservé,
les réservoirs à huile. Vraisemblablement deux systèmes de presse étaient
utilisés à l'époque: un pour dénoyauter et réduire l'olive en pâte, l'autre
pour extraire l'huile au moyen de montants de pierre reliés aux réservoirs à
huile par des rigoles. La présence de cette huilerie montre bien que cette
activité devait être la base de l'économie de l'époque romaine, puis sous la
domination byzantine.
A l'intersection que vous rencontrerez, tournez à droite
afin de suivre une voie qui mène au nord. On arrive alors à une fontaine
monumentale qui barre la route, ayant du être construite tardivement devant
l'église de Servus.
On remontera alors à gauche la large avenue qui conduit au
forum.
Une porte gigantesque construite sous Antonin le Pieux (138-161)
marque l'accès au forum. Celui-ci est bordé de portiques sur trois des côtés
qui entourent la vaste cour de 6Ox70 m.
Face à vous, le quatrième côté est constitué des trois
temples qui ont fait le renom de Sbeitla: majestueux, ils sont surtout
admirables lorsque le soleil vient les caresser en fin de journée d'une couleur
chaude et cuivrée... Chaque temple était consacré à l'une des divinités de la
triade capitoline: Junon, Minerve et bien sur Jupiter dont l'autel se trouvait
au centre.
Il ne reste rien d'autres que ces façades extraordinaires,
les statues et l'intérieur des temples ayant été pillés ou abÎmés.
On longera l'un de ces temples afin de se diriger à nouveau
vers le nord en direction de l'église de Vitalis. A sa droite se dressent les
vestiges de l'église de Bellator qui fut une cathédrale au IV siècle.
L'église de Vitalis, construite à la suite de la cathédrale,
est à visiter pour son baptistère, situé derrière l'abside principale:
restaurée, sa mosaïque est de toute beauté; on admire la finesse du travail et
la curieuse forme oblongue de la cuvette dans laquelle le futur baptisé était
immergé. Les passionnés de vieilles pierres continueront la visite vers l'ouest
du site afin d'y découvrir l'édifice des Saisons, grande maison comportant une
cour centrale entourée de petites pièces, et l'emplacement de l'amphi- théâtre.
Mais si l'on désire limiter sa visite au plus intéressant,
on rebroussera chemin vers le forum et la fontaine publique qui se trouve
au-delà. Derrière la fontaine, l'église de Servus ne présente que peu d'intérêt,
mais les grands thermes que l'on rejoint en dépassant la fontaine valent, eux,
le petit détour: on se penchera surtout sur l'ingénieux système de chauffage
qui permettait de maintenir le caldarium à une température élevée: il s'agit
des hypocaustes, qui sont des fourneaux souterrains à circulation d'air chaud;
la chaleur se répandait par les conduits que vous remarquerez et qui sont
disposés à l'intérieur du sol et des murs.
Le théâtre, construit derrière les thermes, est en assez
mauvais état, mais il conserve cependant quelques gradins restaurés qui donnent
une idée de sa dimension.
On reviendra sur ses pas vers la sortie afin d'aller
admirer, en dehors du site, l'arc de triomphe qui fut construit sous Dioclétien
(fin du III - début du IV siècle).
Vous attendront certainement à la sortie, lorsqu'ils ne vous
auront pas suivi tout au long de votre visite, les vendeurs de pièces antiques,
statuettes et autres authentiques copies... Soyez fermes, et ne vous laissez
pas tenter par des fausses antiquités ou par des monnaies qui ne valent bien
souvent pas plus d'un dinar.
Refusez également énergiquement les guides qui se proposent,
car ils ne connaissent généralement que bien peu de choses sur l'histoire du
site.
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