Monastir Tunisie

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MONASTIR

Chef-lieu de gouvernorat, Monastir est admirablement bien située à l'extrémité sud du golfe d'Hammamet. 36000 habitants environ.

L'aéroport de Skanès-Monastir est relié par vols directs à Tunis, bien sur, mais aussi à de nombreuses capitales ~ européennes par vols réguliers et charters qui déversent, à la belle saison, leur lot quotidien de vacanciers en quête de soleil. Le train relie Monastir à Sousse (nombreux trains directs dans les deux sens) et à Mahdia, par une ligne moderne et confortable. L'autocar assure par ailleurs des liaisons avec Sousse, Mahdia, Sfax, Gabès, Médénine, et Tunis. Louages fréquents pour ces mêmes destinations et pour El lem et Kairouan.

Si Monastir est devenue le «Hollywood méditerranéen» ce n'est pas tout à fait un hasard. La ville bien proprette est un vrai décor de cinéma, tant les reconstructions et les bâtiments récemment érigés dans le centre tentent de lui donner cette authenticité qu'elle aimerait avoir, et qu'elle semble, aujourd'hui, n'avoir jamais eue! Certes, Monastir est une très belle ville, avec de larges avenues des places bien dessinées, des monuments bien restaurés; mais dans le contexte tunisien, ce côté « ville aseptisée» ne colle pas...

Elle a perdu son âme en se faisant si belle, en s'occidentalisant à outrance: ici on n'est déjà plus en Tunisie; si l'on se promène un jour de tournage près des studios que Tarek Ben Amar a fait installer près du Ribat, on se croira dans un autre monde, loin de la tradition...

Ce n'est sans doute pas pour déplaire aux touristes venus rechercher confort, belles plages, organisation: Monastir a toutes ces qualités, et ses hôtels sont superbes, bordés de plages bien entretenues... Mais il lui manque l'exotisme, de vrais souks, un vrai marché, une vieille ville un peu poussiéreuse...

Le passé de Monastir fut surtout lié à la défense: sous les Romains elle était déjà un point stratégique lors de la campagne africaine de César; au VIIIe siècle, elle devint un bastion face aux invasions chrétiennes. Plus tard, son ribat, monastère fortifié, allait devenir un but de pèlerinage qui prit surtout de l'importance au XIe siècle.

Aujourd'hui, elle demeure connue pour être la ville natale de l'exprésident Bourguiba.

Une demi-journée suffit amplement pour tout voir de la ville;

on fera la visite à pied, en commençant par le ribat, qui dresse ses imposantes murailles non loin du port de plaisance (entrée payante tous les jours sauf les lundi et jours fériés, de 9h à 12h et de 14h30 à 18h en été; de 14h à 17h30 en hiver. Un spectacle «son et lumière» y est donné en été). C'est un bien austère monument que ce monastère fortifié, en fait situé à l'intérieur des remparts de la Kasba. Le premier ribat fut construit vers 796; maintes fois remanié par la suite, il fut entouré par une puissante enceinte du IX au XI siècle. A l'intérieur, un musée d'Art islamique occupe un ancien oratoire; on y verra des manuscrits, des verreries fatimides des X' et XI siècles, des poteries, des miniatures persanes, des boiseries, des monnaies d'or et d'argent, des tissus coptes, etc.

La visite du ribat vous mènera ensuite sur la courtine, d'ou l'on jouit d'une vue magnifique. Au rez-de-chaussée, le «ribat des femmes» reste une énigme car il est peu probable que des femmes aient vécu dans un monastère chargé de la défense...

de la foi autant que du territoire.

Juste en face du ribat, une sorte de hangar attire inévitablement le regard: il s'agit des fameux studios de cinéma de Monastir, qui sont... d'une laideur exemplaire; on comprend difficilement comment on a pu installer ce type de construction au beau milieu de la place, face au ribat et à la Grande Mosquée...

La Grande Mosquée, dissimulée, est, face au ribat, d'une taille très modeste. Elevée au IX' siècle, elle fut remaniée entièrement deux siècles plus tard. C'est un édifice sobre mais élégant.

Au centre de la place, la zaouia de Si di Douib est un ancien ri bat constitue d'une enceinte munie de tours rondes. Un peu plus loin, face à l'hôtel Esplanade, on reconnaîtra la présence d'un troisième ribat dans les ruines de la mosquée funéraire Saida, qui était jadis entourée d'une forteresse.

A l'ouest de l'esplanade, le monument aux Martyrs et la Koubba de Sidi el Mezeri marquent l'entrée du cimetière; une longue avenue mène alors au mausolée de la famille Bourguiba, immense édifice surmonte d'une coupole dorée.

Quant à la mosquée Bourguiba, elle se dresse à l'autre extrémité de l'esplanade: construite en 1963, elle est une réplique de la mosquée Hammouda Pacha de Tunis et un très bel exemple d'art traditionnel. La salle de prière, surtout, est impressionnante, avec ses 86 colonnes de marbre rose; elle peut abriter 1 000 personnes.

En sortant de la mosquée Bourguiba, on prendra à droite afin de se diriger vers la médina: les souks qui s'y tiennent sont accueillants, mais les vendeurs un peu trop presses de vendre...

Les prix, par ailleurs, ne sont pas les meilleurs de Tunisie!

On terminera la visite de la ville par les bords de mer ou la corniche longe une plage superbe; quelques îles sont visibles du rivage: celle de Sidi el Gadamsi est reliée à l'Île el Oustania par une digue. A l'oppose, sur la gauche du ribat, le port de plaisance et sa marina sont une réussite architecturale..