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MAHDIA
Ce chef-lieu de gouvernorat est un des premiers ports de
pêche tunisiens; il a pour caractéristiques d'être merveilleusement bien situé
à l'extrémité du Cap Afrique, cette presqu'Île d'I,5 km de long sur 500 m de large (38000
habitants environ).
Mahdia est reliée par le train à Sousse et Monastir
(plusieurs fois par jour dans les deux sens). Si vous
séjournez dans une de ces deux stations balnéaires, vous pourrez donc effectuer
l'excursion de Mahdia dans la journée, et être de retour le soir à votre hôtel.
Des louages (stations près du port) assurent des liaisons avec El Jem via
Ksour-Essaf. Louages également pour Sousse et Sfax.
Petite ville pleine d'un charme fou, Mahdia, pourtant si
proche des grands centres touristiques, a su conserver toute son authenticité;
ici, on continue à vivre au rythme d'hier dans une médina ravissante ou les
souks ont de véritables échoppes faites pour négocier des mètres de tissus, des
bijoux en filigrane, ou encore des corbeilles de mariage très ouvragées.
Le port, haut en couleur, est certainement l'un des plus
attachants du pays, et l'on ne se lassera pas d'y attendre le retour des
pêcheurs, tôt le matin, afin d'assister à la vente du poisson.
Mahdia, presque oubliée par le tourisme de masse, est donc
une bien paisible escale pour le vacancier; le confort des hôtels de la médina
est certes très limité mais on y gagne en couleur locale; et comment résister
au plaisir de prendre un café place du Caire, à l'heure ou tous les hommes se
retrouvent, vêtus de manière traditionnelle, le bouquet de jasmin à l'oreille
Comment n'être pas émus par la gentillesse des gens d'ici, par leur habileté à
travailler sur ces métiers à tisser qu'on entend dans les ruelles de la médina,
dès le lever du soleil Aussi est-ce avec surprise que l'on apprend que Mahdia
fut jadis une terrible capitale au passé bien mouvementé.
Sa position stratégique explique pourquoi elle fut choisie
pour capitale en 916 par le fondateur de la dynastie fatimide, Obaid Allah.
Celui-ci, s'étant proclamé calife en 910 après sept années
de lutte contre les Aghlabides, allait donner naissance à la dynastie fatimide
"qui reconnaissait pour califes les seuls descendants d'Ali et de Fatima.
Fanatique religieux, le mahdi (Sauveur), ainsi qu'il se fit
appeler, Clevint vite impopulaire et dut rapidement faire face à des
insurrechions, comme celle d'Abou Yazid qui tint un blocus de huit mois
(944-945) devant la ville.
Abandonnée par le troisième calife vers 948,
Mahdia allait deve, Dir le refuge du pouvoir ziride au moment des invasions
hilaliennes sur l'Ifriqiya; ses habitants se livrèrent à la piraterie mais
durent subir des représailles de la part des chrétiens qui mirent alors la
ville à sac.
Roger de Sicile occupa la vieille ville de 1148 à 1160, puis
ce fut le lçorsaire Dragut en 1549, et Charles Quint de 1550 à 1551; les Espagnols
furent les derniers de cette longue série: ils partirent en 1554, mais
détruisirent les remparts et une partie de la Grande Mosquée
.avant de q'litter définitivement la forteresse
Il faut compter au moins deux heures pour découvrir le port,
la vieille ville et la forteresse à pied; un peu plus si on désire vraiment
prendre son temps et flâner dans le souk ou tout simplement prendre vraiment le
pouls de la vieille cité. En outre, il ne faut pas manquer, surtout, un bon
repas de poissons dans un les restaurants du port: vous vous régalerez de la
spécialité locale, couscous au mérou, ou, à défaut, de belles dorades ou de sardines
fraîchement pêchées; le restaurant populaire qui fait face au marché est
excellent, et l'un des plus sympathiques.
Le port: à la belle saison, on y pêche les poissons bleus anchois,
maquereaux, sardines) au lamparo; c'est en effet de nuit que les nombreuses
embarcations colorées sortent du port afin de revenir au petit matin chargées
de poissons frais qui alimenteront les conserveries installées dans les
environs. Le marché aux poissons a lieu tous les jours et se tient à la limite
du port et de la vieille ville, sous une halle couverte.
On pénètre dans la vieille ville par la Skifa El Kahla , « le porche
obscur ». Cette gigantesque porte, que l'on appelle aussi 1 Zouila, est une
véritable pièce de fortification construite le départ des Espagnols, en 1554,
avec des restes de l’ancienne porte érigée au Xe siècle par le Mahdi.
En passant sous la porte, remarquez les vendeurs qui y
pro'ISent des pièces de tissu et de l'artisanat local.
La rue principale de la vieille ville vous entraîne dans une
agréapromenade, dès la porte franchie: à gauche, c'est le souk lové depuis peu
qui occupe une ruelle couverte; juste en face 'Dar el Himma abrite désormais un
musée du tissage. La tra. ,n orale rapporte que la technique du tissage était déjà
pra~ à Mahdia à l'époque fatimide; elle aurait ensuite disparu, bablement avec
l'abandon de la ville, pour réapparaître au XIXe siècle grâce à l'installation de familles juives
libyennes. Les tisserands que l'on observe dans leurs ateliers semblent avoir
Conservé le savoir-faire de jadis, mais les productions ont certes changé: les
rubans de soie qui rendirent Mahdia célèbre ont laissé la place à des drapés de
coton. On continue cependant à créer ici de somptueux costumes de mariage
brodés. Le musée présente quelques belles pièces: costumes, rubans de soie,
tuniques, ainsi que des métiers à tisser; mais il vous suffira de déambuler
dans les ruelles de la médina pour y voir à l'œuvre les artisans.
Continuant votre promenade, vous arriverez à la place du
Caire, dont le charme est irrésistible; les deux cafés qui en occupent les
côtés ont disposé tables et chaises à l'ombre des arbres, face à la petite
mosquée ou les hommes viennent faire leurs ablutions, avant la prière.
Une grande place, celle de la Grande Mosquée,
vient interrompre le doux tracé de la rue. Reconstruite en 1961-1965, la Grande Mosquée semble bien neuve; c'est cependant sur
l'emplacement de l'édifice érigé par le Mahdi, et selon le même plan, que la
nouvelle construction fut réalisée: un porche monumental mène à la cour; la
salle de prière, jumelle de celle de la Grande Mosquée de
Kairouan, est remarquable pour ses proportions; son mihrab est une
reconstitution fidèle de mihrab du XIe siècle.
La route du Bordj longe ensuite le rivage; on croise, chemin
faisant, les fouilles du Palais d'Obaid ADah sur la gauche. Jolie vue sur la
mer et le port.
Le Bordj El Kébir est une kasba édifiée à la fin du XVIe
siècle et réaménagée au XVIIIe. On la visite de 8 h 30 à 12 h et de 15 h 30 à
19 h en été. La vue est magnifique depuis les terrasses, et permet d'embrasser
du regard l'ensemble de la ville d'une part, et le Cap Afrique d'autre part.
Terminez votre promenade par une incursion au port, qui fut
creusé dans le rocher au Xe siècle: la porte de la mer en est l'unique vestige
visible depuis la route, mais en suivant la piste qui traverse le cimetière
marin, on pourra examiner de plus près les vestiges de ce port d'un autre
temps. Des femmes viennent ici laver les peaux et quelques barques de couleur
apportent une touche de vie à ce paysage bien nostalgique.
Pour revenir au centre ville, mieux vaut contourner le Bordj
afin de compléter votre découverte des vieux quartiers; vous essaierez de
repérer l'utilisation des matériaux antiques dans la construction des maisons,
et admirez leurs jolies portes ouvragées.
AUX ENVIRONS
avoir dépassé Ksour-Essaf, les quatre kilomètres d'une route
conduisent au port de Salakta; c'est ici que l'antidleethum fut fondée en 46
avant J .-C., mais il n'en reste rd'hui que bien peu de choses: à 500 m du port actuel, les s
des thermes sont les seuls témoins de la ville romaine. it musée archéologique
abrite, à l'extrémité nord du port, firouvailles des quelques fouilles
entreprises à Salakta: frag" Its de mosaÏques mais, surtout, la magnifique
mosaÏque reprét un lion, qui fut trouvée dans une villa de la cité.
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