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JERBA

Jerba la douce, synonyme de soleil et de vacances, est un petit paradis qui se serait détaché du continent africain comme pour jouir en solitaire des plaisirs de la mer!

Longue au plus de 25 km sur 22 de large, l'île dont l'altitude ne dépasse pas les 50 m - est entourée de merveilleuses plages qui ourlent ses 125 km de côtes baignées d'une incomparable mer émeraude. Forte de 75000 habitants environ, Jerba, contrairement à la majorité des régions tunisiennes qui voient leur population augmenter rapidement, compense son augmentation démographique par l'émigration des hommes vers les villes du continent.

Des vols réguliers et des charters venus de toute l'Europe atterrissent à l'aéroport Jerba-MelIita, distant de 9 km de Houmt Souk, la capitale jerbienne. De nombreuses agences de voyage proposent ces vols avec séjours à l'hôtel ou avec des circuits dans le Sud du pays. D'ici partent également les expéditions en direction du pays des Ksours, ou celui des oasis, dont on peut profiter entre quelques jours de nonchalance sur l'UE aux fruits de miel.

Les « globe-trotters» qui circulent au moyen des transports locaux pourront utiliser l'autocar qui relie Jerba à Tunis, Gabès, Sfax et Médénine; des louages fonctionnent également entre Jerba, Gabès, Médénine et Zarzis, et entre les villages de l'île. Par ailleurs, un service d'autobus assure une liaison entre Houmt Souk et Midoun, avec un arrêt prévu à chaque hôtel.

La légende a fait de Jerba le pays des lotus, des fruits de miel, qui faisaient oublier au voyageur qu'il devait quitte l'île afin de rentrer chez lui! L'ne des Lothophages d'Ulysse et de ses compagnons nous est présentée dans l'Odyssée d'Homère comme une ne fascinante et envoiltante... et sans doute méritait-elle déjà sa réputation d'ensorceleuse! Carthage puis Rome y ont laisse des vestiges archéologiques; les chrétiens s'y implantèrent de bonne heure, avant qu'elle soit envahie par les Vandales puis par les Byzantins et les Arabes, et enfin rasée lors de l'invasion hilalienne du IX siècle. Elle allait devenir un repaire de pirates au XV siècle, après des siècles de lutte contre les envahisseurs espagnols ou normands.

Aujourd'hui bien paisible, l'île offre un contraste permanent entre l'univers de son tourisme balnéaire qui a donné naissance à des complexes hôteliers gigantesques, et ses traditionnelles habitations, les menze/s, groupements de maisons dispersées au milieu des oliviers... Tout à fait jerbiennes ces habitations éparses sont entourées de jardins protégés de haies de cactus; la famille y vit sous un patriarcat puissant, de cultures de quasi-autosuffisance : le sol de faible productivité, l'eau douce peu abondante ont développé une agriculture de subsistance basée sur la culture du palmier, des oliviers, de la vigne et des arbres fruitiers; la culture des céréales reste très insuffisante et celle des légumes ne dépasse pas les besoins familiaux quotidiens.

Le manque d'eau douce à Jerba est comblé en partie par des apports depuis le continent, par celui des citernes qui recueillent l'eau de pluie et par quelques puits qui fournissent une eau saumâtre convenant cependant à certains types de cultures. Mais ce manque d'eau et l'appauvrissement de la terre expliquent pourquoi très tôt, les Jerbiens durent s'exiler afin de nourrir leur famille restée dans l'île. On peut sans peine imaginer comment serait Jerba si des sources venaient lui apporter cette eau miracle: un immense verger ou pulluleraient les espèces et les essences !

La pêche, en revanche, semble bénie des dieux sous le ciel jerbien C'est à bord d'embarcations appelées loudes que les pécheurs profitent de la richesse poissonneuse des côtes: El Kantara, Aghir, Ajim (pour ses éponges surtout), sont réputées pour leur pêche au filet ou au trident.

Mais c'est l'artisanat qui fait surtout vivre aujourd'hui la population locale, avec la poterie, désormais destinée aux touristes, et surtout le tissage. En revanche, la production de laine ici est assez faible et la plupart de la laine travaillée à Jerba est importée en grande part de Kairouan; vous verrez cependant au cours de vos voyages dans l'île les femmes qui lavent les peaux dans l’eau de mer; cette opération précède celle du plâtrage, qui consiste à faire tremper la laine dans un lait de plâtre avant de le blanchir.

Quant au tourisme, il fait vivre plus ou moins directement la moitié de la population: si ce n'est dans les emplois que proposent les hôtels, c'est dans la production de « souvenirs» ou de denrées alimentaires; mais beaucoup reste à faire encore aujourd'hui pour associer le développement touristique à une vie traditionnelle en voie de disparition.

On ne visite pas à proprement parler Jerba; on la goûte, on la savoure, elle se dévoile au cours de promenades entre les menzels, les marabouts qui ponctuent le paysage de taches blanches, les ateliers de poteries et les flâneries dans les souks... Un séjour d'une semaine à Jerba est un minimum si l'on veut allier au repos quelques excursions dans les environs (Gabès, Matmata, Médénine) et la découverte de l'intérieur.