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HAMMAMET

Chef-lieu de délégation qui s'épanouit au milieu des orangeraies, Hammamet est devenue depuis une quinzaine d'années, la station balnéaire la plus agréable - et l'une des plus fréquentées - de toute la Tunisie. On y compte 30 000 habitants, avec les environs.

Arriver à Hammamet depuis la capitale ne présente aucune difficulté: si vous avez opté pour un séjour à l'hôtel, un accueil vous sera réservé à l'aéroport de Tunis-Carthage et le transfert assuré par autocar jusqu'à votre hôtel.

Si vous voyagez individuellement, sachez que le train relie Tunis à Hammamet en 1 h 30 grâce à deux liaisons directes quotidiennes; d'autres trains assurent cette ligne mais ils nécessitent un changement et sont plus lents.

Autocars et louages, surtout, restent les plus nombreux à desservir le littoral.

Cela dit, Hammamet, pourtant si touristique, n'est pas très bien reliée au reste du pays; mais les agences de voyage ont pourvu à cette pénurie en organisant pour leurs clients des excursions de la journée. Le voyageur indépendant, sans véhicule personnel, devra choisir entre le car, peu confortable, et les louages qui desservent Zaghouan, Sousse, Nabeul et Kélibia.

histoire d'Hammamet commence sous les Romains: Puput, dont peut encore voir aujourd'hui quelques restes, dépendait vraisem..biernent de la ville de Siagu, voisine de l'actuelle Bir Bou Rekba.

Simple bourg au II siècle, Pupput devint colonie romaine sous, l’empereur Commode, et voit alors s'ériger son capitole, son théâtre: et son amphithéâtre.

Tombée dans l'oubli après l'époque byzantine, elle fut reconstruite 'au XV siècle, mais c'est seulement au début du XX siècle qu'elle allait se faire connaitre du reste du monde. En effet, dans les années vingt, le milliardaire roumain Georges Sébastien y fit construire une extraordinaire villa et attira à Hammamet nombres de célébrités d’artistes et d'écrivains de l'époque: André Gide, Paul Klee, Georges Bernanos et bien d'autres séjournèrent «aux Colombes », traduction d'Hammamet en français.

Si pendant la Seconde Guerre mondiale, la propriété des Sébastien fut occupée par le maréchal Rommel, Hammamet redevint le havre de paix qu'elle avait été dès la fin des hostilités. Plus tard, l’Etat tunisien transforma la villa des Sébastian en centre culturel, et de nombreux hôtels se construisirent, propulsant la paisible petite ville au rang de station balnéaire internationale recherchée.

Aujourd'hui, Hammamet a cependant su conserver un charme et une authenticité que n'ont pas ses rivales du bord de mer. Ici, la plage est immense, propre; l'eau est transparente et d'une température agréable. Des hôtels, il y en a certes, mais tous d'une architecture qui s'accorde avec celle des maisons traditionnelles entourées de citronniers ou d'orangers, cachées par des haies de l' cyprès.

Séjourner à Hammamet est ainsi un délice, la situation et les équipements autorisant aussi bien le repos que la pratique de tous les sports: nombreux sont les hôtels qui proposent planche à voile, parachute ascensionnel, pédalos, location de bateaux, ski nautique, équitation, randonnée à dos de dromadaire dans ; arrière-pays et même location de mobylettes pour découvrir les proches environs.

On ne peut non plus guère s'ennuyer ici, tant les possibilités excursions sont nombreuses: Hammamet est une base idéale pour rayonner dans tout le nord de la Tunisie; on commencera par le cap Bon, on ira ensuite passer une ou deux journées à Tunis, on continuera par Zaghouan et Thuburbo Majus, par  Sousse et El Jem, puis on terminera par une journée à Kairouan. faut ainsi prévoir deux semaines de séjour à Hammamet si l'on veut réussir des vacances parfaites, alliant culture et «farniente»; car l'ambiance décontractée et l'environnement idéal de la station poussent également à ne rien faire: savamment dosé, votre dépaysement sera complet et vous n'aurez plus qu'une idée, rester à Hammamet!

On ne visite pas à proprement parler Hammamet; on y va faire quelques balades ou quelques achats, prendre un café à la terrasse d'un bistrot du centre ville, voir une exposition...

La vie tranquille qui se déroule ici fait tout le charme de la cité qui a cependant quelques curiosités à montrer: la vieille vide est encore entourée de puissants remparts, percés de trois portes; l'entrée principale se situe sur la place centrale d'Hammamet, là ou convergent les routes de Tunis et de Nabeul, en bordure de mer. Engagez-vous dans le dédale des ruelles: on lave à grandes eaux les sols des maisons aux portes et aux fenêtres bleues; on s'interpelle d'une terrasse à l'autre; les enfants au regard malicieux vous disent bonjour et les plus grands essaient de vous attirer dans la boutique familiale ou pendent jellabas, châles et pacotilles. Vous serez vite conduits au souk, même si vous tentez de vous échapper dans une ruelle plus tranquille!

Les commerçants vous proposeront tapis, poteries et cuivres; les vendeurs sont certes très raccoleurs, mais il peut être amusant d'écouter leur boniment d'une oreille distraite! Ils ne vous empêcheront en tout cas pas de contempler la Grande Mosquée, dont le minaret date du XII siècle (l'ensemble a été restauré en 1972), ou de gagner la Kasbah, édifiée au milieu du XV siècle, et qui offre, depuis ses remparts, une vue intéressante sur le port et la médina (entrée payante de 9h à 18h).

Si vous traversez la médina en tournant le dos à la Kasba, vous déboucherez sur un cimetière marin créé sous le protectorat français: on lit sur les tombes chrétiennes les noms des soldats tombés au combat ainsi que ceux des familles qui résidaient ici.

En rejoignant la ville moderne, on contournera la médina et on se dirigera vers l'avenue Bourguiba ou sont concentrés les boutiques, les bureaux, les banques et les agences de voyage. Plus loin, en longeant l'avenue après avoir dépassé de nombreux hôtels, on trouve le Centre culturel international, abrité dans l'ex propriété de Georges Sébastian. C'est ici que se réunissent chaque été des artistes pour le Festival international d'Hammamet.

En dehors de cette période le centre est inoccupé et il est impossible de visiter la villa.

Les amateurs d'archéologie pourront faire un pèlerinage à l'antique Pupput dont on peut voir les vestiges au sud de la ville, entre les hôtels Tanfous et Samira. Les fouilles qui y furent entreprises à la fin du XIX siècle, mirent au jour des tombes et divers  désormais entreposés au musée du Bardo. Des travaux plus récents ont permis d'exhumer des thermes une basilique chrétienne et quelques maisons: parmi celles-ci, on retiendra surtout celle dont le pavement est orné d'une tête de Dionysos et celle mosaïques géométriques et florales, qui doivent dater du V siècle.

La découverte d'Hammamet ne serait pas complète si l'on n'évoquait pas sa vie nocturne: night-clubs et bars sont disséminés le long de la route des hôtels, et permettent au vacancier de s'évader de l'animation propre à son hôtel. En été, des spectacles folkloriques - et de danse du ventre - sont présentés dans les hôtels, mais ils restent bien trop touristiques et sans grand intérêt.

Coté gastronomie, il est difficile d'échapper à la demi-pension que les hôtels imposent à leurs clients, mais on pourra briser l'habitude en allant dîner dans les quelques restaurants du centre-ville ou du bord de mer; les poissons y sont frais et la cuisine vraiment tunisienne... deux qualités rarement présentes dans celle des complexes touristiques d'Hammamet.