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GAFSA

Chef-lieu de gouvernorat (6000 hab. environ) à la charnière de la Tunisie du Nord et du Sahara, Gafsa se situe à la croisée des chemins qui mènent des plateaux céréaliers du Nord aux grandes oasis du Jérid.

La ville est reliée par le chemin de fer à Sfax et Tozeur (deux trains par jour). Nombreuses liaisons par autocar de et pour Gabès, Tozeur et Nefta, Sfax et Tunis. . Quelques autobus desservent aussi Kasserine, et Kairouan. Louages pour Metlaoui, Kasserine (et Sbeltla), ainsi que pour les environs.

Les gisements préhistoriques découverts dans la région prouvent que Gafsa fut habitée bien avant l'installation des Numides, vaincus en 106 av. J.-C., par les Romains. La Copso romaine devait prospérer avant de devenir municipe sous Trajan, puis colonie, conservant sa , position stratégique entre le Nord et le Sud. L'invasion arabe en 668 ne s'y fit pas sans difficulté en raison des convictions chrétiennes des populations de la ville (appelée Justinio à partir de 540): le conquérant arabe Oqba Ibn Nafi y fit, selon les Byzantins, 80 000 prisonniers.

Aujourd'hui, Gafsa est une cité bien calme qui conserve nombre de ses traditions, l'artisanat du tapis en étant la principale.

Il faut voir Gafsa, le mercredi, jour de marché; et si deux heures suffisent à la visite de la ville, il faut prévoir d'y passer la nuit si l'on désire se rendre dans l'oasis.

Comme partout, on s'orientera par rapport à l'avenue Habib Bourguiba, le long de laquelle se dressent les principaux édifices publics (P.T.T., palais de Justice, Gouvernorat).

La kasba, située derrière le palais de Justice qu'elle protège de ses remparts, bien qu'endomagée en 1943 par une explosion, a conservé sa belle allure martiale. Construite en 1434 sur des ruines byzantines, elle fut entièrement restaurée au cours du XIX" siècle. Un agréable jardin irrigué par des sources thermales donne a l'ancienne citadelle une atmosphère particulière, qui contraste avec la rumeur grouillante de la ville actuelle. Derrière la kasba, une rue mène au centre artisanal, ou on enseigne à de jeunes élèves les techniques du tissage afin de confectionner des couvertures à motifs géométriques ou des reproductions de tapisseries.

En reprenant l'avenue Bourguiba, on se dirigera à droite vers les piscines romaines, cachées par l'école qui limite l'avenue.

Les deux bassins, seuls vestiges de l'antique Capsa, sont bien conservés entre les hautes murailles qui se réfléchissent dans l'eau claire; celle-ci provient de sources qui jaillissent à 310 dans le fond des piscines, et fait la joie des gamins qui s'amusent à plonger devant les yeux des touristes.

Par un dédale de rues, on peut rejoindre la Grande Mosquée qui dresse son minaret de l'autre côté de l'avenue Bourguiba.

Bien qu'on ne puisse visiter que sa cour, elle mérite cette petite visite. Son architecture est semblable à celle de la Grande Mosquée de Kairouan, à plus petite échelle; des piliers et chapiteaux antiques supportent les portiques de la cour.

On pourra terminer la visite de Gafsa par son marché, qui se trouve non loin de la gare routière.

AUX ENVIRONS

L'oasis de Gafsa : il faut consacrer une bonne heure à la découverte de cette oasis, moins visitée que ses rivales du Jérid, et donc moins encombrée de cars et de calèches! On s'y promènera paisiblement entre les jardins, observant la vie de ces hommes et de ces femmes qui travaillent à maintenir ce paradis dans le désert; il n'est pas rare en effet de croiser entre les basses clôtures de terre les habitants de l'oasis qui s'affairent autour d'un campement ou entretiennent les canaux d'irrigation. Si les fruits des quelque 100 000 palmiers de l'oasis ne sont que de médiocre qualité, les arbres fruitiers qui croissent à l'ombre donnent de belles récoltes: abricots, oranges, citrons, figues, sans oublier les fameuses pistaches de Gafsa connues dans tout le pays.

L'oasis de Lalla, elle est une halte agréable sur la route de Gabès (prendre à gauche après le passage à niveau, à 5 km de Gafsa); le village n'a pas d'intérêt particulier, mais le coup d'œil sur l'oued avec fond de palmiers vaut un arrêt.