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GABÈS
Chef-lieu de gouvernorat (35 000 hab. environ), Gabès
s'étire le long du golfe qui porte son nom, entre une belle plage de sable fin
et sa célèbre oasis de palmiers dattiers.
Le train dessert la ville au départ de Tunis, Sousse ou
Sfax, deux fois par jour dans les deux sens; le trajet peut paraître long, mais
ne manque pas de pittoresque. Nombreux autocars interurbains de et pour Jerba,
Gafsa, Matmata, Médénine, Kébili, Sfax, Sousse, Tunis, Kairouan. Louages pour
les environs (Oudref, El Hamma, Mareht) et pour les vilIes les plus proches
(Sfax, Houmt Souk, Médénine, Kébili, Gafsa).
Connue par les Phéniciens, Gabès devint colonie romaine sous
le nom de Tacapa avant de disparaître au moment des invasions. C'est seulement
à partir du XIe siècle de notre ère que Gabès fait à nouveau parler d'elle.
Elle sera citée plus tard par Léon l'Africain qui la décrit dans sa«
Description de l'Afrique du Nord» comme une grande ville constituée d'une
citadelle et de faubourgs.
Sous le protectorat français, un énorme camp militaire
allait donner naissance à la ville actuelle, qui subit cependant de gros dégâts
lors de la Deuxième
Guerre mondiale.
Aujourd'hui, Gabès vit de son industrie chimique (superphosphates,
acides sulfurique et phosphorique) qui entraîne l'expansion de son port. Mais
c'est sans aucun doute l'oasis qui tire Gabès d'un anonymat touristique auquel
sa situation de ville industrielle risquerait de la condamner.
L'oasis de Gabès est exceptionnellement bien située le long
de l'oued Gabès, alimenté par de nombreuses sources; elle s'étend sur 6 kilomètres, jusqu'au
rivage, et est plantée de plus de 300 000 palmiers. La végétation abondante et
l'eau qui est omniprésente donnent à la palmeraie un côté « conte des Mille et
Une Nuits» qui séduit le voyageur fatigué des paysages monotones du Sahel ou
trop ébloui par le soleil cuisant du grand Sud.
Bien que les dattes y soient de médiocre qualité, l'oasis
est riche de beaux arbres fruitiers qui s'épanouissent à l'ombre des palmiers:
bananiers, citronniers, orangers, oliviers, mais surtout grenadiers,
abricotiers et pêchers, dont les fruits sont très appréciés entre les arbres, à
l'ombre des branches, poussent encore les légumes, le tabac et la luzerne pour
les bêtes.
A Gabès, on se sent véritablement dans un havre de paix, à
abri des rayons ardents du soleil, enchanté par le bruissement de l'eau
porteuse de vie, bercé par les cris des enfants qui se baignent dans les canaux
d'irrigation et par les voix des jardiniers . au travail, admiratif devant
l'exubérance de la nature domptée, ou, par étages successifs, les plus grandes
espèces protègent les plus humbles... Harmonie bienfaisante de l'oasis!
La visite de l'oasis mérite au moins deux heures. Le plus simple
est de faire appel aux services d'une des calèches qui stationnent devant le
bureau du tourisme (prix fixés par celui-ci), avenue Habib Bourguiba. Les
amateurs d'individualisme pourront cependant traverser la palmeraie en voiture,
et les bons marcheurs s'essayer à la randonnée; mais souvenez-vous que l'oasis
est longue de 6 km et large de 1 à 2 km;
munissez-vous d'une carte des lieux car le dédale des chemins est trompeur.
Il faut commencer la visite par le village de Chenini que
l'on atteint en traversant l'oasis par la route de Sfax. A la sortie de
l'oasis, longez celle-ci à gauche en direction de Chenini. Ce bourg, situé à 5 km de Gabès, est réputé pour
la vannerie dont ses habitants sont spécialistes et dont vous pourrez vous
rendre acquéreur; à gauche de la place centrale, la route mène à la « cascade»,
qui n'est qu'une petite chute constituée par l'eau du canal, et au « barrage
romain». De là, il faut continuer à pied en descendant vers l'oued et en se
promenant entre les jardins, sous les palmiers De retour à Chenini, tournez à
droite pour vous enfoncer dans l'oasis en direction de Gabès: sur le chemin,
vous rencontrerez un petit zoo (à voir pour ses autruches), puis les hameaux
d'Ouled el Haj et Chemassa.
Quant à la ville de Gabès elle-même, elle s'ordonne comme
beaucoup d'autres villes tunisiennes autour d'une avenue Bourguiba qui en forme
le centre, avec ses boutiques, ses hôtels et son animation; c'est là que vous
dénicherez quelques petits restaurants locaux, pas chers et très populeux.
Une visite s'impose au centre artisanal, avenue Ferhat
Hached, Ou l'on peut assister à la fabrication de tapis; mais si vous préférez
l'ambiance des marchés, vous serez comblés par la visite des souks installés
derrière la place du marché, non loin de la Grande Mosquée qui
se dresse à l'extrémité ouest de l'avenue Bourguiba: on peut encore voir les
artisans au travail dans le souk des Forgerons, dans celui des Bijoutiers, ou
l'on fabrique des reproductions de bijoux anciens, et dans le souk des Vanniers,
ou vous pourrez acheter chapeaux et paniers Derrière le marché, une rue mène à
l'oued; après avoir traversé le pont, on est plongé dans l'animation du
quartier de la Petite Jara
dont la mosquée Sidi Driss mérite une visite; on y reconnait des piliers antiques
qui furent réutilisés lors de sa construction.
AUX ENVIRONS
La route de Gafsa passe, à 20 km de Gabès, par Oudref,
gros bourg de 4 000 habitants qui se détache à la sortie d'une oasis.
Une halte vous permettra de vous y familiariser avec les
mergoum, ces merveilleux tapis tissés à motifs géométriques qui ont fait la
célébrité de l'endroit. On fabrique aussi ici de splendides châles féminins,
les bakhnoug, qui sont brodés de soie, et des couvertures à rayures colorées,
les hambel.
El Hamma: sur la route de Kébili, à 34 km de Gabès, ce centre
d'oasis, que l'on appelle aussi El Hamma de l'Arad est un chef-lieu de
délégation prospère dont l'intérêt touristique est lié à des eaux sulfureuses
qui jaillissent de sources thermales utilisées, selon l'exemple romain, pour le
traitement des maladies de peau et des rhumatismes.
Fin mars, un festival a lieu à El Hamma au cours duquel on
peut assister à des fantasias et à des compétitions sportives.
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