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DQUGGA
A 6 km
de Téboursouk, l'ancienne Dougga domine la vallée de l'oued Khaled et les
olivaies de la région. A 600 m
d'altitude, cette antique cité a de quoi surprendre, accrochée à sa colline sur
une superficie d'environ 25 ha.
Beauooup d'agences de voyage proposent l’excursion à Dougga au départ
d'Hammamet ou Nabeul (en incluant Thurburbo Majus et Zaghouan); la visite de
Dougga se fait alors en un maximum d'une heure, ce qui est trop court et bien
dommage. Si vous venez à Dougga par vos propres moyens, il vous faudra prendre
un taxi à Téboursouk qui viendra vous rechercher à l'heure que vous
conviendrez.
C'est sans aucun doute le site romain le plus enchanteur de
toute la Tunisie;
et ce ne sont pas seulement les passionnés de vieilles pierres qui s'y
délecteront pendant des heures, étonnés de tant de grandeur et de beauté. Si
vous ne devez visiter qu'une cité antique en Tunisie, c'est Dougga qu'il faut
choisir, tant ses vestiges sont suggestifs: imaginez la vie au bord de ces
places, l'affluence du marché, la douceur de vivre dans les cours des riches
demeures, la cérémonie du bain aux thermes, les conversations dans les
ruelles... Dougga la Romaine
nous a cependant laissé des traces de son existence punique: un mausolée datant
du IIIe siècle av. J.-C., dédié à un prince numide, en atteste. La cité devint
romaine lorsqu'elle fut annexée par César, en 46 av. J.-C., connut très vite la
prospérité et atteignit les 5 000 habitants. Même au temps de son déclin, après
la période byzantine, elle ne fut jamais vraiment abandonnée. La population de la Nouvelle Dougga,
ville reconstruite pour abriter les familles qui continuaient à vivre sur le
site au moment des fouilles d'avant-guerre, pourrait même être issue des fiers
Romains de Thuggenses: ne remarque-t-on pas les étranges yeux bleus et le port
de tête des hommes de Téboursouk, de votre chauffeur de taxi, des paysans
rencontrés en chemin... Troublant n'est ce pas?
C'est en fait une visite de trois heures qui vous permettra
de bien prendre le pouls de la cité (entrée payante du lever au coucher du
soleil; buvette à la sortie des ruines). Ne pas oublier un chapeau car, malgré
les oliviers, le site est très exposé au soleil. Refusez les guides qui se
proposent à l'entrée, leur connaissance du site est très limitée.
Le théâtre, construit en 168-169 apr. J.-C., est très bien
conservé; il pouvait accueillir jusqu'à 3500 spectateurs sur des gradins qui
s'étagent sur 15 mètres
; la scène, séparée de l'orchestre par un mur creusé de niches, a encore une
excellente acoustique: on y donne des représentations d'art dramatique en été (festival
de Dougga). Très belle vue sur la vallée depuis le portique à colonnes qui se
trouve derrière la scène.
Dépassant la maison des fouilles, on se dirigera vers le
Capitole par une voie dallée; une grande place s'étend devant vous:
C’est la place de la
Rose des Vents, aménagée en 180-192 pour agrandir le forum;
son nom a pour origine le cercle gravé dans le dallage et qui porte les noms
des douze vents connus à cette époque.
Bordant la place, le temple de Mercure faisait face au
marché. Le Capitole, construit en 166-167 apr. J.-C., est l'un des plus beaux
vestiges romains que l'on puisse voir en Tunisie.
n était dédié à la triade Jupiter, Junon et Minerve: un
large escalier mène au portique qui a conservé six belles colonnes à chapiteaux
corinthiens; trois niches abritaient les statues des dieux.
Contigu au capitole, le forum était entouré d'un portique à
colonnes qui communiquait avec d'autres bâtiments et fut remanié sous les
Byzantins; vous noterez l'utilisation qui fut faite de certains blocs de pierre
portant des inscriptions en latin pour la construction des murailles
byzantines.
Par un sentier derrière le forum, vous rejoindrez une place
sur laquelle débouche une voie menant à l'arc de Sévère Alexandre, construit
entre 222 et 235. Juste derrière, les citernes d'Ain el Hammam , comptent cinq
réservoirs parallèles qui recevaient l'eau grâce à un aqueduc.
Une promenade à travers l'olivaie vous conduira au temple de
Caelestis, dédié à Junon Caelestis et dont il reste aujourd'hui une gigantesque
cour en hémicycle bordée d'un portique; le sanctuaire, au centre, était entouré
de colonnes et dominait la plaine. De part et d'autre du temple, on a retrouvé
des tombes romaines.
En revenant vers le Capitole il vous faudra suivre en bas de
la plate-forme une rue qui mène vers la ville basse: après avoir longé quelques
édifices non identifiés, vous aboutirez à une place ou vous fera face une sorte
de fontaine; à la droite de ce monument, une petite rue descend jusqu'à la
maison de la Chasse
au lièvre où vous remarquerez les belles mosaïques à motifs géométriques; en
face se dressent les vestiges du temple de la Victoire Parthique
de l'empereur Caracalla.
A gauche de la supposée fontaine, Dar el Acheb devait être
un temple construit en 164-166; ses deux colonnes précèdent une vaste cour dans
laquelle une maison récente atteste que Dougga fut habitée il y a encore peu de
temps.
On empruntera la voie dallée qui conduit aux thermes
Liciniens; chemin faisant, quelques maisons attireront peut-être votre
attention: à gauche, la maison Omnia dbi felicia dont on a transporté les mosaïques
au musée du Bardo; à droite, la maison de Dionysos et d'Ulysse dont le premier
étage existe encore, relié par un escalier au patio.
Les thermes Uciniens, situés à votre gauche, sont
accessibles par une entrée souterraine qui devait être une entrée de service.
C'étaient les thermes d'hiver, de belle dimension, dont l'entrée principale
située au niveau supérieur s'ouvrait au centre de la ville; belle mosaïque à
décor géométrique dans la salle d'entrée.
Face aux thermes, les temples de la Concorde, de Frugifer et
de Liber Pater sont mal conservés.
Il faut rejoindre la ville basse pour atteindre les thermes
des Cyclopes, baptisés ainsi en raison de leur belle mosaïque, aujourd'hui
exposée au musée du Bardo. Reste - entre autres -l'intérêt d'y voir encore les
latrines, fort bien conservees, constituées d'un banc de pierre en fer à cheval
percé de douze trous.
Derrière les thermes, il ne faut pas manquer de visiter la
maison du Trifolium, qui est la plus vaste demeure de toute la ville. Comme son
nom l'indique, cette maison a pour caractéristique une pièce en forme de trèfle
et qui devait être la pièce principale donnant, comme toutes les autres, sur un
jardin entouré d'un portique. Le nombre de chambres, petites, s'ouvrant sur la
cour, laisse supposer que la maison du TrifoHum devait être un hôtel... ou une
maison close à la romaine!
En suivant la rue qui passe par les thermes des Cyclopes on
descendra vers l'arc de Septime Sévère, élevé en 205 apr. J.-C.
Pour célébrer le statut de municipe octroyé à la ville. Une
large avenue y débouchait venant de Carthage. On remontera ensuite par une
ruelle pour aller jeter un coup d'œil au mausolée libyeopunique, qui est le
seul vestige complet que les Puniques nous aient laissé; il fut malheureusement
endommagé en 1842 par le consul britannique de Tunis qui voulut offrir au
British Museum son inscription libyque et punique; aujourd'hui restauré, le
mausolée est un imposant édifice de 20 mètres de hauteur sur lequel on remarque une
décoration à motifs égyptiens et grecs.
On reviendra à l'entrée du site pour se diriger vers le
temple de Saturne, situé au-delà du théâtre. Construit en 195 après J.-C
il a conservé ses quatre belles colonnes qui dominent la
vallée;
Très belle vue sur le
site et la région.
AUX ENVIRONS
Musds: depuis Dougga, on se dirigera vers la Nouvelle Dougga
ville-refuge pour les familles qui habitaient encore les ruines de l'ancienne
capitale dans les années 40. A 14 kilomètres
de là, s'élevait la cité de Mustis, située sur la voie qui menait de Carthage à
Theveste. Devenue Municipe sous Jules César, elle ne devait jamais accéder au
rang de colonie. Ce qu'il en reste aujourd'hui est assez évocateur: deux arcs
de triomphe dominaient la voie; l'un d'eux, a été restauré à côté de la route
actuelle.
Le groupe de ruines situé à 300 mètres de cet arc de
triomphe se distingue par son temple d'Apollon, bien abîmé, que jouxte le
temple de cérès: celui-ci possède encore un beau dallage et mérite une visite
plus approfondie. Après avoir dépassé une maison romaine, on tournera à gauche
pour se rendre à l'ancienne huilerie dont la presse est impressionnante.
On terminera la visite par la forteresse byzantine qui
dresse ses murailles sur une petite hauteur; pour y accéder, on laisse à gauche
les vestiges d'un temple dédié à Pluton et les fondations d'une basilique.
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