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Péninsule s'élançant vers la Sicile, le Cap Bon s'étire
sur 70 km
de longueur et 40 au maximum de largeur.
On peut en faire facilement le tour au départ d’un lieu de
séjour comme Hammamet ou Nabeul, en une seule journée. De nombreuses agences y
proposent une excursion qui vous fera découvrir un littoral bordé de
magnifiques plages, planté d'orangers et de vigne, alors que l'intérieur des
terres reste consacré à la culture irriguée.
Individuellement, on peut atteindre Kélibia par autocar ou
louage depuis Nabeul, mais l'extrémité du Cap est mal desservie.
Visiter le Cap au printemps, au moment de la floraison des
orangers est un enchantement; les fêtes y sont nombreuses et la température
douce. Mais que le vacancier estival se console, l'été y est tout aussi beau et
la mer bien plus délicieuse! Les orangers se cachent derrière des haies de
cyprès entre des villages et des petits ports brillés de soleil mais la brise
marine toujours présente rend le climat agréable même en plein mois d'août.
De Nabeul a Soliman par la côte
Korba: gros bourg de 32 000 hab. environ aux constructions
originales; une lagune sépare la route de la mer, laissant la plage lointaine.
Le Club Méditerranée y a installé un magnifique village. Marché le dimanche.
Menzel Termine: bourg agricole de 15000 hab. environ; on y
produit surtout des arachides et des poivrons que l'on voit sécher en
guirlandes l'été. Belle plage.
Kélibia: port de pêche d'environ 25 000 hab., célèbre surtout
pour son raisin muscat et son vin. Le centre-ville est sans intérêt et plutôt
sale, mais la forteresse qui domine la plage mérite une visite: elle est
perchée sur un promontoire rocheux haut de 150 m, de couleur ocre, et
fut érigée au YI siècle par les Byzantins. De 1535 à 1547, la ville fut
attaquée plusieurs fois par les Espagnols et la forteresse maintes fois
remaniée. Une belle plage et quelques hôtels commencent à donner à Kélibia un
aspect plus balnéaire.
Kerkouane: à 11
km de Kélibia, vous découvrirez le meilleur site punique
mis à jour en Tunisie. La visite de cette ancienne cité est passionnante
alliant l'émoi que l'on peut ressentir à la vue de ces maisons d'un autre temps
à un paysage marin de toute beauté. On ne connait pas le nom antique de la
cité, mais on sait qu'elle fut fondée vers le V siècle avant J.-C., puis
abandonnée au moment de la destruction de Carthage; ses habitants devaient
vivre de la mer, exploitant surtout le murex, mollusque dont on laissait la
chair se putréfier dans des grandes cuves afin de fabriquer la pourpre.
Yisite payante de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h; 45 mn de
visite suffiront.
La ville dominait la mer, et vous reconnaîtrez les
fortifications qui furent construites au bord de l'eau; quelques cuves taillées
dans le roc témoignent de l'industrie de la pourpre.
La ville en elle-même retrace la vie domestique punique; des
rues traversant le site: rue du Collecteur d'eau, ou l'on remarquera le système
d'égouts; rue du Sphinx, sur laquelle une grande maison offre la vue d'un sol
et d'une salle de bains bien conservés. On essaiera d'imaginer ce que devait
être la vie de tous ces gens, déambulant comme nous dans les ruelles,
traversant les places: certes, il ne reste plus aujourd'hui que les fondations
d'une ville abandonnée, mais l'on retrouve le plan-type de ces maisons: une
entrée formée par une dalle, un corridor conduisant à une cour équipée d'un
puits et d'un évier, une salle de bains et quelques marches d'escalier;
chambres et salon s'ordonnent autour de cette cour dont le sol de ciment fin et
coloré de rouge porte parfois le signe de Tanit, représentant la déesse d'une
façon très stylisée (personnage en prière levant les bras).
On terminera la visite par le musée construit à l'entrée du
site et ou sont joliment exposés les objets découverts au cours des fouilles:
bijoux, gracieuses poteries, monnaie et mobilier funéraire. .
El Haouaria: ce village est réputé pour sa chasse au faucon:
on capture les rapaces au printemps afin de se livrer à la chasse aux cailles
et aux perdrix au mois de mai suivant. Le village en lui-même est un ensemble
de petites maisons blanches près des collines ou l'on cultive vigne et vergers.
Belles carrières romaines à Ghar el Kébir: le site est particulièrement
sauvage, en bord de mer. Si vous ne craignez pas les chauves-souris, vous
pourrez poursuivre votre exploration en vous rendant à la grotte du même nom.
Munissez-vous d'une torche afin d'approcher les animaux qui sont ici en grand
nombre.
Sidi Daoud: ici, c'est la pêche qui fait la célébrité du
village: l'étonnante pêche au thon qui se déroule à l'époque du frai; on peut y
assister muni d'une autorisation que l'on obtient à l'Office national des
Pêches, à Tunis. Cette pêche, semblable à la matanza qui se pratique en Sicile,
se caractérise par sa grande cruauté: les thons sont rabattus dans des filets;
lorsque leur nombre est suffisant, les pêcheurs entourent les filets après les
avoir resserrés et les remontent. Dès que le fond des filets devient visible,
dans une excitation impressionnante, les hommes harponnent les thons, et
certains n'hésitent pas à se jeter à l'eau munis de poignards pour un terrible
corps à corps. La mer devient couleur de sang... A déconseiller aux âmes
sensibles!
L'ile de Zembra: située au large de Sidi Daoud, c'est une
véritable forteresse naturelle; une école de voile y est installée.
Korbous et Ain Oktor: petite station thermale jumelle d'AÏn
Oktor, Korbous est un joli petit village niché dans un repli de la côte; les
Romains déjà connaissaient les propriétés de l'eau de Korbous, puisqu'ils Y
venaient depuis Carthage. Ces eaux sont utilisées aujourd'hui dans le
traitement des affections rhumatismales, arthritiques et hépatiques.
L'établissement thermal occupe depuis 1901 l'ancien palais du Bey. C'est au XIX"
siècle qu'Ahmed Bey s'était fait construire cette belle demeure, et c'est à
partir de cette époque que Korbous fut à nouveau fréquenté par les riches
Tunisois. Désormais, l'ancien palais est réservé aux curistes.
A AÏn Oktor, un petit hôtel accueille le touriste de
passage;
ici l'eau a d'autres propriétés et soigne l'anémie,
l'insuffisance rénale, etc... Depuis la route Korbous-AÏn Oktor, belle vue sur
les environs.
Soliman: ses cultures maraîchères, qui alimentent Tunis,
rendent prospère cette petite ville de 15 000 habitants, chef-lieu de
délégation.
Dans le centre-ville la mosquée de rite hanéfite est
entourée de cafés sympathiques ou il fait bon se désaltérer. Mais c'est la mosquée
de rite malékite, reconnaissable à son minaret carré, qui mérite une visite: érigée
par les Andalous au XVII siècle, elle se caractérise par son toit de tuiles
semi-rondes.
Menzel Bou Zelfa: à 9 km de Soliman, on appréciera cette bourgade
dont le charme provient des places et placettes qui donnent à la rue principale
un côté «village bien de chez nous»!
La fête des orangers, qui s'y déroule fin mars début avril,
est l'occasion de manifestations et processions colorées.
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