BULLA REGIA TUNISIE

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BULLA RÉGIA

Adossée au Jebel Rébia, sur les contreforts de la Kroumirie, l'antique Bullo Regio, isolée désormais parmi les olivaies, est située à 9 km de Jendouba, à l'orée de la riche plaine de la Mejerda.

Aucun transport public ne dessert le site, il sera donc nécessaire d'affréter un taxi à partir de Jendouba pour vous y rendre (prix à négocier d'une façon ferme). Accès payant du lever au coucher du soleil; s'assurer auprès du gardien que les sous-sols des maisons sont accessibles.

Bien que peu visité, Bulla Régia est certainement un des sites antiques les plus passionnants de Tunisie; on y découvre en effet l'architecture unique de riches demeures pourvues de somptueuses pièces en sous-sol, fraîches, ordonnées autour d'un péristyle ou l'on admire la perfection des mosaïques et de l'ingéniosité d'un système de canalisations amenant l'eau dans chaque villa. Sous l'Empire Romain Bulla Régia avait été déclarée municipe dès la fin du le' siècle de notre ère; Hadrien la nomma colonie (117-118), mais c'est au Ile siècle qu'elle devait atteindre le sommet de sa richesse.

Commencez votre visite par les thermes puis dirigez-vous vers le nord; un gardien vous ouvrira les sous-sols des maisons de la Chasse, de la Nouvelle Chasse et d'Amphitrite. Comptez au moins deux heures de visite.

Les thermes de Julia Memmia datent du Ille siècle et sont de belles dimensions. A l'intérieur, on reconnaît facilement le vestiaire et le frigidarium; des fragments de mosaïque à motifs géométriques sont encore visibles à certains endroits. On ira jeter un coup d'œil aux imposantes citernes qui sont 'situées à gauche, en sortant des bains; dirigez-vous ensuite vers le nord, par un sentier qui prend sur la rue dallée, juste en face des Thermes.

La maison du Trésor que l'on dépasse possède encore son étage souterrain à belles mosaïques; en continuant en direction du petit tertre que l'on aperçoit, on pourra s'arrêter pour visiter deux basiliques chrétiennes bien conservées.

La maison de la Chasse , demeure d'un riche propriétaire, doit son nom à une mosaïque aujourd'hui gardée au musée du Bardo de Tunis. Si les superstructures, endommagées comme partout ailleurs par un tremblement de terre, sont en fort mauvais état, l'étage souterrain est bien conservé: une cour entourée de colonnes s'ouvre sur les chambres, que vous reconnaîtrez à leurs plates-formes prévues pour y déposer les lits, et sur une salle à manger à belle mosaÏque. Remarquez le système de voûtes consistant en l'assemblage de poteries, très particulier à l'Afrique du Nord.

Juste à côté, la maison de la Nouvelle Chasse possède une belle mosaïque à son étage inférieur.

Prenez une ruelle à l'est de la maison de la Nouvelle Chasse;

vous dépasserez quelques édifices sans intérêt, mais remarquerez, chemin faisant, le système d'égouts si ingénieux, au milieu de la chaussée. La ruelle débouche alors sur une large avenue dallée; avant de tourner à gauche, arrêtez-vous à la maison de la Pêche, située au croisement: il s'agissait probablement d'un édifice public; sa belle mosaïque représentant une mer poissonneuse lui a donné son nom.

Remontant vers le nord, vous atteindrez la maison d'Amphitrite: une merveille! Vous serez sous le charme et séduit par la fraîcheur d'une splendide mosaïque qui couvre le sol de la salle à manger. Elle représente Vénus portée en triomphe par deux monstres marins. Mais l'ordonnance des pièces, le système de citernes intérieures, la mosaïque parfaite du couloir, émerveillent aussi; tant d'astuce et de technique, tant de confort dans un pays désertique, il y a presque 2 000 ans...

On terminera la visite en se dirigeant vers le forum, au sud, ou se détache un groupe de bâtiments. Du forum, il ne reste pas grand chose, mais vous identifierez le marché entouré de petites boutiques, puis le théâtre, situé le long d'une avenue qui ramène aux thermes de Julia. Le théâtre est superbe: la scène, reliée à deux escaliers, possède une excellente acoustique. On y voit une belle mosaïque représentant un ours. L'orchestre et les gradins sont bien conservés. A côté du théâtre, en revenant vers l'entrée du site, vous remarquerez deux esplanades, dont l'une possède encore son jardin.

Vous quitterez Bulla Régia certainement éblouis par la richesse de cette cité d'un autre temps, ou la vie devait s'écouler bien paisible pour ses riches habitants: une vie rythmée par les bains aux thermes, les comptes de la moisson, les spectacles au théâtre et les réceptions offertes dans les belles demeures!

AUX ENVIRONS

Jendouba: à 9 km de Bulla Régia, ce gros bourg agricole de 15 ()()() habitants environ et chef-lieu de délégation n'a d'autre intérêt que celui d'abriter un hôtel bien moyen, l'hôtel Atlas, seul gîte confortable que l'on puisse conseiller.

Jendouba est relié à Tunis par le train; liaisons d'autocars et louages pour Le Kef et Béja. Taxis pour Bulla Régia à côté de la gare (tournez à droite en sortant de la gare, les taxis attendent près d'une place qui fait figure de centre ville).

La ville est assez animée le soir, et quelques petits restaurants locaux proposent des plats bon marché sur des tables recouvertes de toile cirée. Mais la vraie curiosité de Jendouba, ce sont ses cigognes; celles-ci viennent chaque année en mai-juin refaire leurs nids, qu'elles disposent avec amour en haut des minarets des mosquées. La cheminée de la vieille gare, elle aussi a ses cigognes: de style très français, la gare prend alors des allures alsaciennes assez surprenantes pour la région!

Tbuburnica: à partir de Jendouba, seule la voiture vous permettra d'atteindre les ruines situées à Il km de Ghardimaou, non loin de la frontière algérienne. En transport public l’autocar vous amènera à Ghardimaou ou il vous faudra, non sans difficulté, affréter un taxi pour le site.

Thuburnica, délaissée, a bien souffert et seuls les passionnés d'archéologie auront plaisir à reconnaître le temple dédié à Junon, celui dédié à Mercure, et les vestiges de deux arcs de triomphe; l'ensemble est disséminé dans une charmante olivaie.

Foret du Feija: l'approche de ce massif forestier est surprenante: comment s'imaginer qu'on puisse encore chasser le sanglier en Tunisie, après avoir traversé des étendues arides et les déserts du grand Sud? La vue est magnifique sur la forêt si l'on suit la route de l'Algérie pour bifurquer ensuite sur une piste qui surplombe la vallée de la Mejerda. Pour les amateurs de nature seulement.

Cbemtou: à une vingtaine de kilomètres de Jendouba, une mauvaise piste mène aux ruines; se renseigner avant de partir sur l'état de cette piste et sur celui du gué qui permet l'accès au site.

Chemtou, très étendu est dominé par les collines verdoyantes où s'accrochaient jadis les carrières de la Simitthu romaine; on y extrayait le marbre veiné qui était ensuite exporté jusqu'à Rome et Byzance. Les amateurs de vieilles pierres se régaleront à la découverte des grands thermes, du théâtre, de l'intéressant moulin hydraulique et du camp des ouvriers, ou l'on a pu étudier le mode de fabrication des objets en marbre.