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Chef-lieu de gouvernorat et de délégation; 95000 hab.
environ.
Bizerte est reliée à Tunis par le train (en 1 h 50 via Mateur), par autocar et louages. Des services
d'autocars desservent Jendouba, Le Kef et Tabarka.
Nouvellement promue station balnéaire, Bizerte se situe loin
du grand tourisme. Encore très européenne dans le tracé de ses rues bordées de
platanes, elle garde une vieille ville pleine de charme, avec un vieux port et
un marché pittoresques ou il fait bon flâner en fin d'après-midi, lorsque tous
les cafés se remplissent et que la médina renaît à la vie. De la ville
coloniale il reste des avenues tirées au cordeau, des toits de tuiles roses et
des squares ombragés; la carrière militaire de Bizerte n'est plus qu'un
souvenir et rien dans la ville actuelle ne rappelle qu'elle fut une base
stratégique pendant de nombreuses années. Ses anciennes installations
militaires fonctionnent aujourd'hui comme usines et son littoral, bordé de
belles plages, commence à développer son tourisme balnéaire.
Vous aimerez Bizerte si vous préférez l'authentique au
fonctionnel des grandes stations, et si les promenades dans les ruelles d'une
médina vous séduisent. La ville ancienne vous rappellera les temps de la piraterie
qui aux XVI et XVII siècles contribua à la prospérité de cette ancienne cité
conquise par les Arabes en 661. Les Maures chassés d'Espagne s'y installèrent
dès la fin du XV siècle, et y laissèrent un quartier que l'on peut encore
aujourd'hui visiter.
L'histoire toute proche de la colonisation française est
toujours présente dans les esprits: le 15 octobre 1963 n'est-il pas célébré ici
et dans tout le pays en tant que jour ou fut évacuée la base militaire devenue
symbole du colonialisme?
On commencera la visite par le vieux port pour se perdre
ensuite dans les ruelles de la vieille ville et rejoindre à pied la ville
nouvelle; une heure et demie suffiront.
Un système d'autobus relie la route de la corniche (ou sont
installés les hôtels) au centre ville.
Le vieux port a gardé le charme d'un petit port de pêche,
avec ses grosses barques colorées et la tranquillité de ses quais.
Veillant sur son entrée, se dressent face à face la
puissante Kasba et le petit port Sidi el Hani.
En longeant le mur de la kasba, vous atteindrez son entrée
principale (payante), sous une voûte ou un escalier permet d'accéder aux
remparts.
La kasba: ancienne forteresse du XVII siècle, elle abrite
aujourd'hui un quartier d'habitations dont les maisons aux volets clos
s'animent tôt le matin et au coucher du soleil. C'est alors qu'il faut s'y
promener, lorsque les bruits et la musique fusent et que les rires des enfants
résonnent dans les ruelles. La promenade au sommet des remparts permet de
s'infiltrer dans l'intimité de la kasba sans être vu et d'en prendre quelques
bons clichés. On peut bien sur déambuler dans les rues de l'ancienne
forteresse, mais il faut pour cela y pénétrer par la petite porte située à la
sortie des souks.
Erigé au XVII siècle, le fort Sidi el Hani contrôlait l'accès
au port, face à l'imposante kasba. Il sert aujourd'hui de cadre au musée
océanographique, après avoir été restauré (entrée payante; très belle vue de la
terrasse sur le port et la forteresse).
De retour vers le vieux port, vous flânerez sur la place Siahedine
Bouchoucha qui s'étire jusqu'au marché et à la rue de la
Régence : le marché est ouvert jusqu'à 20 h et tout le
quartier l'entourant devient très animé à partir de 18 h. De nombreuses
gargottes y offrent une cuisine locale relevée et grasse, mais à des prix
défiant toute concurrence. Cafés et boutiques de bric à brac à proximité.
Non loin du marché, se distinguant par les trois arcades qui
agrémentent son dernier étage, se dresse le minaret carré de la mosquée du
Rebaa.
De là, allez vous divertir dans les ruelles sympathiques qui
constituent le dédale de la vieille ville; vous l'atteindrez en vous engageant
dans le passage qui fait face au marché; là, vous découvrirez d'intéressantes
échoppes, de minuscules pâtisseries une population joviale qui travaille à de
petits métiers; les noms des ruelles sont évocateurs: rue des Bouchers, des
Armuriers... Celle ci vous amènera à la Grande Mosquée, construite au XVIIe
siècle; son minaret octogonal présente un dernier étage supporté par un
encorbellement; c'est le cœur même de la vieille ville. Dirigez-vous ensuite
vers le quartier Andalou, situé de l'autre côté de la kasba et au pied de la
colline sur laquelle se dresse l'ancien fort d'Espagne; mais celui-ci,
construit par les Turcs au XVIe siècle, ne présente que peu d'intérêt, si ce
n'est une belle vue sur la ville. On parvient au quartier des Andalous en
longeant la rue de l'Abattoir; quelques belles portes cloutées et des
moucharabiehs rappellent au visiteur ce que dut être la splendeur de cette
ville maure aujourd'hui laissée à l'abandon.
De retour à la place Siahedine Bouchoucha; promenez-vous
dans la ville nouvelle, ancienne ville coloniale, en suivant la rue de la Régence, la rue de
Constantinople et l'avenue d'Algérie:
Autre temps, autre ambiance... Place de la Municipalité, le
centre culturel et la Mairie
sont abrités dans de belles bâtisses à toits de tuiles roses. De nombreux cafés
à larges terrasses bordent les belles avenues de cette partie de Bizerte ou le
voyageur ne se sent pas étranger.
AUX ENVIRONS
Utique: située à 35 km
de Tunis, la ville n'est accessible qu'en voiture, et seuls les passionnés
d'archéologie porteront intérêt à la visite du site; on pourra s'y arrêter en
venant de Tunis et y consacrer une heure.
Selon la légende, Utique aurait été fondée 287 ans avant
Carthage; elle maintint par la suite une existence autonome de la grande
capitale punique, pour en devenir la vassale au Ve siècle avant J.-C. Bien
qu'alliée à Carthage au moment de la guerre des mercenaires, elle se rapproche bientôt
de Rome, ce qui lui vaut d'être assiégée par Hamilcar. Bien que du côté
carthaginois au sommet de la deuxième guerre punique, elle se rangera du côté
de Rome avant le troisième conflit, ce qui lui vaudra d'être déclarée ville
libre, puis capitale de la
Provincia Africa sous la domination romaine. Elle demeura
prospère même après que Carthage eut retrouvé son rang de capitale, mais
disparut après l'occupation arabe, certainement en raison de l'ensablement de
son port.
Le musée, s'il est de taille très modeste, a cependant le
mérite de présenter au visiteur le mobilier funéraire qui fut recueilli dans la
nécropole punique: poteries, bijoux, lampes à huile et amulettes (de 8 h à 12 h
et de 13 h à 17 h 30; le musée est situé à 2 km de la route Tunis-Bizerte, à 800 m du champ de fouille).
Le champ de fouilles: on y découvrira un groupe de maisons
romaines dont la mieux conservée est la maison de la Cascade; elle possédait
deux entrées, la maison elle-même s'ordonnant autour d'un jardin à péristyle
orné d'une fontaine à la jolie mosaÏque. A côté, la maison du Trésor devait
être un centre de dépôt du grain, si l'on en juge par le silo qui se trouve
dans sa partie centrale. La nécropole, face à la maison du Trésor, est
antérieure à la ville romaine: on y reconnaîtra des tombes taillées dans le roc
et des sarcophages en grès.
Ghar El Melh: ancien repaire du corsaire Ousta Mourad, qui
au XVIIe siècle y fit construire un fort remarquable, Ghar El Melh a perdu de
son importance au profit du port de La Goulette, en raison de l'ensablement progressif
de son port et de la passe le reliant à la mer.
Paisible petite ville, elle vit aujourd'hui de sa production
de fruits et primeurs, oubliant petit à petit son passé maritime. Le visiteur
ne sera cependant pas insensible à la force qui se dégage des deux forts turcs
qui surgissent au bord de la rue principale.
Celle-ci, au-delà des habitations, débouche sur la mosquée
du XVIIe siècle et sur de belles fontaines. Avant d'arriver au port, un
troisième fort turc confortera le voyageur dans son opinion:
redoutable bastion de pirates, la ville devait être
imprenable!
L'ancien port bordé d'arcades marque la fin de la promenade son
charme désuet vous séduira si vous tentez d'imaginer ce que devait être Ghar El
Melh au temps de la grande piraterie!
Le centre du village n'est pas le seul intérêt de cette
excursion: le paysage environnant est séduisant, avec ses vergers et ses
palmiers se découpant sur l'eau turquoise du lac; quelques belles plages
désertes, celles de Sidi Ali ou el Mekki, par exemple, raviront les amateurs...
Raf-Raf: en remontant vers Bizerte via Metline, une petite
route vous mènera à ce charmant village ou les femmes coquettes sont vêtues
d'une robe lie de vin particulière à la région. Raf-Raf est aussi le pays d'un
étonnant raisin de muscat, et des superbes broderies de laine sur tulle
introuvables ailleurs.
Le Cap Blanc: on y accède en suivant la route de la Corniche après avoir
dépassé le cap Bizerte; curieux rochers d'une couleur blanchâtre que ce Cap
Blanc! Le site est sauvage, mais la mer est un peu fraÎche.
Béchateur et Ras Engelah: les amateurs de plages désertes
seront à même d'apprécier le paysage sauvage que l'on rencontre dans cette
partie du littoral, mais le village de Béchateur et le phare de Ras Engelah ne
méritent une visite que si vous avez vraiment beaucoup de temps.
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